Karaoké sur le parking.

Jour 51, lundi 18 mai

Ormanli-Agaçli, 82 Km.

La nuit a été bonne mais froide, si bien que j’ai dû garder ma veste polaire et mettre la capuche du duvet. Au réveil, la plage est bien calme, la plupart des véhicules présents hier ont disparu et le bistrot est fermé. Cette impression d’être  sur ma plage privée ne m’incite pas à me presser pour partir. Donc je traîne un peu et je collecte les déchets tout autour de la zone où je suis installé. 

Comme je ne peux pas me faire de café, je  pars avec juste un gros yaourt dans le ventre et l’intention de m’arrêter dans le premier village pour y petit déjeuner. Mais il me faudra patienter presque une heure car le village le plus proche est à près de 20 Km de mon point de départ. Je fais donc un arrêt dans un petit troquet de Dagyenice, où Colibri attire tous les regards des clients, rien que des hommes, bien sûr, et tous des habitués des lieux, où ils semblent passer une bonne partie de leurs journées. Après avoir commandé un thé, puis un deuxième, je sors mon pain, ma Vache qui rit et ma confiture pour un solide repas déjà bien mérité.

Ainsi lesté, je repars en direction d’un autre site que j’ai repéré sur la mer Noire, qui me rapproche du Bosphore et d’Istanbul. Mon appli me propose un trajet de 110 Km, mais j’espère en économiser au moins vingt en prenant les grandes routes. 

Tout se passe bien jusqu’à Odayeri, au Km 65. C’est là que je fais ma pause déjeuner, à l’intérieur du café car la terrasse est réservée aux joueurs de OK. C’est du moins ainsi qu’un des joueurs qui parle bien anglais nomme ce jeu, mais il renonce à m’expliquer les règles. C’est curieux, les joueurs disposent sur leur chevalet des cubes qui font penser au Scrabble, mais sur lesquels figurent des chiffres de couleurs différentes et ils lancent un dé, mais je n’en saurai pas plus. En tous cas, les parties semblent acharnées et le nombre de jeux proposés dans le café semble indiquer que beaucoup de villageois s’adonnent à ce jeu.

En repartant, je m’aperçois que la route que je voulais prendre est en fait une autoroute, donc interdite aux vélos. J’opte alors pour l’option 2, un parcours proposé par OpenRunner. Seul hic, la première petite route est barrée par une interdiction militaire qui ne laisse pas de place au doute. Qu’à cela ne tienne, une troisième solution doit me permettre de contourner la portion interdite. Sauf que la route traverse une carrière strictement interdite au public. Option suivante, je devrais pouvoir prendre un peu plus loin une route qui contourne tous ces obstacles. En travaux, barrée. En dernier recours je tente un chemin forestier qui longe l’autoroute, mais au bout de 500 mètres, je dois renoncer car, même à pied, c’est impraticable. Le retour en arrière pour trouver une autre voie est évidemment possible, mais il est 16h et je n’ai pas envie de passer sur le vélo une journée qui devait être une simple formalité. Alors je change mon plan et je file droit vers la mer, dans un hameau nommé Agaçli, situé à une dizaine de kilomètres. Demain sera un autre jour.

L’endroit n’est pas très attractif, la plage pleine de cailloux, la mer pas très bleue et surtout c’est d’une saleté invraisemblable ; il y a des déchets partout et pas seulement des restes de pique-nique, des tuyaux, des couches de bébés, et du polystyrène à gogo. C’est triste à voir. Mais bon, je suis là et j’y resterai. Après avoir fait le tour du vaste parking, je choisis un coin enherbé à peu près propre. Deux familles s’installent aussi à proximité pour faire barbecue  et passer la soirée. On se salue poliment et je vais me laver dans la mer après avoir monté ma tente.

Tandis que je commence mon blog, j’observe le préposé au barbecue et je vois qu’il galère pour alimenter son feu. Or j’ai ramassé du bois en vue de me chauffer un café demain matin. Je lui propose donc mon petit stock, pensant trouver là une bonne manière d’entrer en relation. Bingo ! Cinq minutes après, j’ai une bière fraîche entre les mains et un quart d’heure plus tard j’hérite d’un énorme sandwich tomates/ köfte, des délicieuses boulettes de viande. Un deuxième sandwich suivra, puis un troisième, puis un thé, puis une pomme et une poire.

Pour finir, je suis invité à rejoindre le cercle de famille pour un karaoké improvisé, tantôt sur de la musique turque, tantôt sur des chansons françaises. A la demande générale, je suis bien obligé de m’exécuter et je massacre allègrement « Paroles paroles » de Dalida et Alain Delon. Rigolade générale et vidéos sans doute déjà sur les réseaux sociaux par les ados présents.

Avant de partir, les deux hommes, Hyacinth et Ur, m’indiquent une caravane sur le bord de mer. « C’est un ami, si tu as froid, tu peux aller dormir là-bas », mais je préfère ma petite maison en toile, mon petit chez moi pour quelques nuits encore.  Pour finir, je reçois en cadeau un flacon d’eau de toilette. J’ignore si ce présent cache un message…

Cette journée qui m’avait un peu déçu se termine donc en feu d’artifice grâce à la gentillesse et la simplicité des Turcs qu’on m’avait beaucoup vantées et qui se vérifiét aujourd’hui.

Seul sur la plage.
Les jours de OK sont concentrés.
Je n’ai pas envie d’insister.
La plage est vrai dépotoir.
L’endroit pourrait être joli.
Délicieux casse-croûte aux köfte.
Hyacinth adore chanter.
Une sacrée soirée !
Fin de journée en or.

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4 réflexions sur “Karaoké sur le parking.

  1. Sacrée fin de journée !! :)

    oh c’est terrible les dépotoirs sur ces plages qui pourraient être si belles….

    je connais le jeu de tuiles ! c’est le Rummy (ça ressemble au bridge) et on y joue en famille nous aussi

    Bises du Sud ensoleillé

    Sylvie

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  2. Vu les circonstances de la rencontre, ils auraient pu te faire chanter « allumer le feu » 🔥 😆

    Sacrée soirée dis donc !

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