La Sérénissime

Jour 18, mercredi 15 avril

Padoue-Venise, 62 Km.

Le lit est quand même une belle invention ; au réveil, tous les soucis d’hier sont effacés et c’est une nouvelle page blanche qui s’ouvre devant moi. Le téléphone est rechargé, les muscles endoloris sont reposés et la tête est prête à de nouvelles aventures. Si Nicola est parti au travail, en revanche Liliane est bien là pour me préparer un café accompagné de quelques gâteaux et d’une pomme. Décidément, j’ai de la chance de tomber sur des gens aussi gentils.

Sous le hangar où j’avais rangé Colibri, j’ai la bonne surprise de le retrouver soigneusement couvert par une bâche de moto ; Nicola a pris soin de ma monture. Le bouclage des sacoches est vite fait et à 8h30  je suis en selle pour aller visiter Padoue. Comme Vérone hier, c’est une cité qui conserve les traces de son riche passé et ma première visite est pour celui qui a rendu universel le nom de Padoue, Saint Antoine. La basilique qui lui est dédiée est grandiose et somptueusement décorée, rien n’étant trop beau pour son tombeau et ses reliques, devant lesquelles des fidèles viennent se recueillir. Je tourne ensuite un peu au hasard et découvre le grandiose palais de la raison, ancien palais de justice, les jardins de l’arène et la chapelle des Scovegni. Faute d’emplacement sécurisé pour laisser Colibri, je ne peux hélas pas aller admirer la célèbre adoration des mages de Giotto, où l’artiste a remplacé l’étoile qui guide les rois par la comète de Halley qu’il a effectivement pu observer en septembre 1301.

La route qui mène à Venise est ultra plate et c’est tout juste si le vent, toujours de face, va me contrarier dans ma progression sur des petites routes agréables. Comme Nicola me l’avait montré hier soir sur des vidéos, une très belle route cyclable longe plusieurs canaux qui sont parsemés de villas historiques, parfois restaurées, mais souvent en mauvais état. La plus extraordinaire est la villa Pisani que les Vénitiens surnomment leur « petit Versailles ».

Plus loin, la traversée de Mestre est d’un tout autre style; installations portuaires, chantiers navals, zones commerciales et entrepôts se succèdent pour former un paysage un peu effrayant pour un petit bonhomme sur son vélo. Dans ce contexte, je suis scrupuleusement les indications de mon application qui m’amène sans coup férir au pied de la digue qui relie Venise à la terre. Moment étonnant que cette traversée d’un monde à l’autre, de la modernité frénétique à la grâce des palais de la Renaissance. 

Je savais qu’il était interdit de circuler à vélo dans Venise, mais je n’avais pas pris conscience qu’il est aussi impossible d’y circuler avec un vélo à la main. Grimper les marches du premier pont fut difficile, escalader le deuxième fut une épreuve et le troisième a eu raison de moi. Dans quelque direction que je me dirige, ces satanés ponts se mettent sur mon chemin. Une seule solution, prendre un vaporetto pour me rendre à mon hébergement et revenir me promener ensuite. Oui mais les vélos ne sont pas acceptés à bord, contrairement à ce que Nicola m’a dit hier soir. Il faut donc que je trouve un endroit sécurisé car je ne peux pas non plus me balader avec mes cinq sacoches ! Heureusement, un bureau de consignes à bagages accepte de garder ma monture jusqu’à demain midi. Je prends juste ce dont j’ai besoin pour la nuit et je me lance dans les ruelles de la Sérénissime. Je fais évidemment les incontournables, le Rialto, la place St Marc, le pont des soupirs, mais je me glisse aussi dans des venelles peu fréquentées qui débouchent parfois sur des jolies places presque désertes. 

Après trois heures de déambulation, je traverse le grand canal pour accoster sur l’île de la Giudecca où se trouve mon auberge de jeunesse. L’emplacement sur le quai de la Zitelle est parfait pour admirer la ville en fin de journée. Une fois douché et rasé, je vais flâner sur le quai où je discute avec des Français qui installent un hôtel de luxe pour le compte d’une chaîne nationale. Mais je vais aussi voir l’envers du décor, le quartier populaire qui est juste derrière les quais, où les gens mènent une vie normale au cœur d’une ville qui ne l’est pas tout à fait.

Un petit grignotage en admirant le coucher de soleil sur le grand canal et je monte me coucher dans mon dortoir, car demain matin, j’ai rendez-vous avec l’Orient Express.

Ciao Liliane et merci !
La basilique St Antoine est imposante.
La présentation des reliques est très soignée.
Le palais de la Raison.
Le petit Versailles des Vénitiens.
Colibri après son troisième pont.
Embarquement immédiat.
Les gondoliers attendent le chaland.
Les masques, une tradition vénitienne.
Patience…
Les pieds dans l’eau.
L’incontournable place saint Marc.
Le maître veille sur sa porte.
Les quais de la Giudecca.
Derrière les palais, une vie italienne normale.
Coucher de soleil sur le grand canal.

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