Cycling in the rain.

Jour 17, mardi 14 avril

Vérone -Padoue, 108 Km.

Toute la nuit, j’ai entendu la pluie battre le auvent et je suis bien content d’avoir cette protection supplémentaire au-dessus de ma tente. Le petit déjeuner est encore un bon moment de convivialité et de gourmandise au cours duquel nous évoquons l’actualité du jour en nous réjouissant du résultat des élections en Hongrie.

Au passage, je confie à Heino et Evelyn un petit sac d’objets dont je n’ai finalement pas l’usage et qu’il me rapporteront à notre prochaine rencontre. Après moult effusions, chacun reprend sa route, moi, vers les Turcs, eux vers les Étrusques.

Pour commencer, je prends une petite heure pour faire le tour de la vieille ville de Vérone qui mérite vraiment la visite car elle garde les traces de sa prospérité à l’époque de la Renaissance. Outre le fameux balcon de Juliette que Shakespeare n’a sans doute jamais vu, la ville regorge de palais et de demeures qui ont traversé les siècles et lui valent d’être classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Avant de quitter cette ville et de prendre la route, je prends soin d’enfiler mes guêtres, afin de protéger chaussures et chaussettes de la pluie qui n’a pas cessé depuis mon départ du camping et qui ne semble pas devoir faiblir. Et en effet, je vais pédaler quasiment toute la journée sous la pluie, mais avec un vent moins accentué qu’hier.

À l’heure de la pause déjeuner, je constate que mon téléphone s’est anormalement déchargé, mais cela ne m’inquiète pas outre mesure car je suis obligé de garder presque en permanence mon application ouverte pour suivre l’itinéraire que je me suis tracé. J’ai pris soin de le placer dans ma sacoche de guidon, car je sais qu’il est sensible à l’humidité. Mais je suis bien obligé de le sortir de temps en temps pour vérifier ma route. Après une cinquantaine de kilomètres, je le perds complètement, il ne recharge plus du tout, sans doute à cause de l’humidité. Et me voilà totalement démuni, incapable de savoir par où aller. Je décide alors d’écourter l’étape et de me rendre à un camping que j’ai repéré à une vingtaine de kilomètres, dans un village dénommé Bastia. Pour éviter de me fourvoyer, j’emprunte les axes principaux, gilet jaune sur le dos et toutes lumières allumées car la visibilité est mauvaise.

Arrivé à l’endroit où le camping était indiqué, je trouve… rien, pas de camping, ni rien qui y ressemble. Je change donc à nouveau mon fusil d’épaule, et poursuis ma route en direction de Padoue, bien décidé à finalement aller au bout de cette étape. Le vent a faibli, la pluie a cessé et les jambes vont bien depuis ma petite halte dans un salon de thé pour manger un gâteau et tenter en vain de charger mon téléphone. 

Une dizaine de kilomètres avant Padoue, la route s’élargit et se transforme en voie rapide, interdite aux vélos. Je décide de passer outre cette interdiction, jusqu’au moment où la voie rapide devient officiellement autoroute. Et là c’est une autre histoire, plus question de transgresser. Je m’enquille donc sur la seule autre voie possible, une charmante petite route de campagne dont j’ignore complètement où elle mène. Et ce sera finalement ma chance, car je vais repérer quelques modestes maisons avec des terrains qui pourraient très bien m’accueillir. Ma première sollicitation se heurte à l’argument. « je ne suis pas propriétaire », mais la deuxième dépassera mes espérances, puisque les propriétaires vont carrément proposer de m’héberger.

Liliane et Nicola sont frère et sœur et partagent cette modeste maison de famille. Ils sortent le séchoir à linge de la chambre d’amis, déplient le canapé lit, mettent un drap, me montrent la salle de bain, et me voilà comme un coq en pâte. Expression qui prendra toute sa saveur quand Liliane me préparera un délicieux plat de pâtes à la bolognaise, généreusement recouvertes de parmesan. Une bière et un verre de grappa scelleront définitivement notre complicité.

Heino et Evelyn partent sur les traces des Étrusques.
Un palais au cœur de Vérone.
L’harmonie des briques et des pierres.
Le lion ailé, symbole de la Vénétie.
Ceci n’est pas le balcon de Juliette.
Des fresques ornent certains murs.
A gauche, le tombeau de la famille Della Scala.
L’imposant château de Soave.
La promesse d’une bonne nuit.

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