Jour 49, samedi 16 mai
Tekirdag-Çanta, 65 Km.
Quand j’ouvre la tente au matin, je découvre une mer parfaitement étale du fait de l’absence de vent. Cela me donne évidemment envie d’y plonger. Et ce d’autant plus que les dizaines de méduses qui flottaient hier soir à quelques mètres du rivage ont disparu ce matin. C’est donc avec délice que je me jette à l’eau avant toute autre opération. La température doit tourner entre 16 et 18 degrés, c’est frais mais très agréable pour commencer la journée. Curieusement, l’eau n’est pas très salée, ce qui m’évite d’être tout rêche en sortant, vu qu’il n’y a bien sûr pas de douche sur la minuscule plage.
Ce bain m’a ouvert l’appétit, mais le petit déjeuner est très succinct car je n’ai plus beaucoup de pain et je n’ai pas trouvé de Lidl pour acheter des croissants. Néanmoins, je prends tout mon temps, multipliant les tasses de café pour profiter le plus longtemps possible de ce bel endroit et du confort des installations de Çuma. Je peux me le permettre car l’étape du jour est courte; je prévois de longer la mer sur une soixantaine de kilomètres pour peut-être une seconde nuit sur la côte. Il est donc plus de 10 h quand je démarre en faisant un petit retour en arrière vers Tekirdag pour remplir mes bidons.
Je m’élance ensuite sur la 2×2 voies en direction d’Istanbul. Le trafic est intense bien qu’on soit samedi, mais la large bande d’arrêt d’urgence me permet de rouler en toute sécurité, comme si j’étais en marge de la circulation. Seules les voitures à l’arrêt et les entrées/sorties m’obligent à me mêler aux véhicules, mais cela se passe bien. Il faut quand même être vigilant en permanence car c’est sur ces bandes d’arrêt d’urgence que finissent tous les objets qui tombent des véhicules, des déchets en tout genre et, plus dangereux pour les cyclistes, des boulons, des câbles électriques, des pièces mécaniques, des rétroviseurs explosés, des pneus éclatés et toutes sortes de morceaux de ferraille plus ou moins pointus ou coupants qui pourraient me coûter un pneu.
Très rapidement, j’ai la confirmation que mon petit déjeuner a été trop léger car je ressens vite la faim. Après une de vingtaine de kilomètres je fais un arrêt ravitaillement dans un supermarché Migros, une chaîne suisse je crois et je mange un morceau de fromage local totalement insipide qui ne remplit qu’une fonction, me rassasier. La prochaine fois j’achèterai de la Vache qui rit !
La côte que longe la route est totalement urbanisée. Les villes se succèdent sans espaces naturels entre elles et les programmes immobiliers poussent comme des champignons. On est à une centaine de kilomètres d’Istanbul, mais j’ai l’impression que c’est déjà la banlieue.
Je fais une deuxième pause à Marmaraereglisi dont le front de mer, coquettement aménagé, est très animé. Des familles entières sont installées sur la plage pour pique-niquer. Devant moi, trois familles sont réunies avec au moins une quinzaine d’enfants et les mamans n’ont pas fait les choses à moitié; la table déborde de victuailles, même après que tout le monde a été servi. Et tandis que je retourne m’asseoir sur un banc, je suis témoin et acteur d’une scène qui me fait sourire : un couple d’une soixantaine d’années vient juste de s’asseoir sur « mon » banc. Me voyant arriver, le monsieur se lève. Je crois qu’il veut partir, alors je lui fais signe que non, ils peuvent rester, cela ne me dérange pas. En fait, il voulait juste changer de place avec son épouse pour qu’elle ne soit pas directement à côté de moi.
Je clôture vers 16h cette étape courte mais fatigante car, comme hier, la route est vallonnée et le vent de face, avec en plus le bruit incessant du trafic et l’attention que cela exige.
A Çanta, j’ai repéré un camping, le « kamp Ali Baba ». Je m’y rends en priant pour que les quarante voleurs n’y soient pas. J’espère en revanche y trouver douche et électricité. Hélas, ce n’est qu’un champ oú on peut s’installer librement mais qui ne dispose d’aucun équipement et ne propose aucun service. Mais au moins est-il en bord de mer, ce qui me permet de prendre mon deuxième bain de la journée et ainsi de faire ma toilette sans utiliser l’eau de mes bidons.
Côté cuisine, je suis moins gâté ; ma deuxième bouteille de gaz expire au beau milieu de la cuisson de mes pâtes lyophilisées, si bien que je les mange un peu plus que al dente, je dirais croustillantes. Mais le plus dur sera pour demain matin; je serai privé de Nescafé.








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Bénédicte
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