Entre Sarthois.

Jour 43, Dimanche 10 mai

Lozen-Plovdiv-Parvomay, 116 Km

Dimanche, jour des comptes. La semaine 6 a ajouté 547 Km à mon compteur qui en affiche donc désormais 3.589. Une chose est certaine, je vais largement dépasser les 4.000 en arrivant à Istanbul.

Réveil 6h, en selle 7h, encore un record battu, celui du remballage le plus rapide, inclus le petit-déjeuner et le brossage de dents. Je ne veux surtout pas gâcher les efforts d’hier et manquer mon rendez-vous avec le Giro, donc je prends de la marge, ma crainte étant que la route soit fermée plus tôt à l’entrée de Plovdiv. Tout au long du parcours, des policiers et des bénévoles sont déjà en place pour assurer la sécurité dans tous les carrefours. Comme hier, le revêtement est excellent, la route est plate, il ne manque que le vent dans le dos pour que ce soit parfait. Dans ces conditions, je boucle les 50 Km en 2h30. A l’entrée de Plovdiv je suis étonné de ne voir aucun signe annonçant l’événement, pas une affiche, pas une banderole, et surtout aucun fléchage indiquant le lieu exact du départ. Je dois demander mon chemin à plusieurs passants et deux policiers pour trouver le site de l’évènement.

Je suis très en avance puisque le départ est fixé à 12h30, mais j’ai un projet bien précis qui nécessite d’anticiper. Il y un Sarthois dans le peloton, Mathys Rondel, de l’équipe Tudor, et mon objectif est de l’intercepter pour faire un selfie avec lui. Quand le bus de l’équipe arrive, je positionne Colibri bien en vue et j’attends. Il me faudra patienter une bonne heure avant que les coureurs ne fassent leur apparition, juste pour vérifier les réglages de leurs vélos et se présenter sur le podium. J’interpelle Mathys à sa descente du car, il répond gentiment à ma sollicitation et s’informe sur mon voyage. Je n’ai pas le temps de lui dire que j’ai connu son père, Anthony, grand champion de roller, qui est souvent venu courir et gagner à Sablé. Je lui souhaite bonne chance, surtout dans les sprints finaux, car les deux premiers ont occasionné des chutes collectives. 

Je vais aussi au bus voisin pour saluer le Breton d’Hennebont Waren Barguil, mais il se montre peu bavard, déjà concentré sur sa course.

À mon retour, un gars en tenue cycliste est en train de photographier Colibri. Pour blaguer, je lui dis que c’est interdit; on se présente, « Pascal from France », « Nicolas from France ». Ingénieur en mécanique, ce Grenoblois qui effectue là son premier voyage à vélo, est en route pour le Japon, en passant notamment par l’Asie centrale où le Pamir le fait rêver. Un voyage qui devrait l’occuper onze mois. On échange sur le sujet et sur nos expériences dans les pays traversés. Lui aussi a adoré la Slovénie et trouve que finalement les conducteurs bulgares sont plus respectueux qu’on le dit souvent. Nous sommes rejoints dans notre discussion par un couple russo-néerlandais qui vit en France et voyage aussi parfois à vélo. Là ils visitent les Balkans avant de monter en Estonie. Nicolas repart avant moi car il fait des étapes plus longues et vise d’arriver à Istanbul dans quatre jours. C’est une ville qu’il connaît bien pour y avoir séjourné six mois dans le cadre de ses études. On échange nos numéros pour qu’il m’envoie ses bonnes adresses de baklavas et aussi qu’on se donne des nouvelles.

Tandis que le peloton s’élance vers Sofia, je reprends ma route vers l’Est avec l’objectif d’atteindre Parvomay, à une cinquantaine de kilomètres. J’alterne passages sur la grande route et portions de petites routes plus calmes mais en mauvais état. Je longe souvent la ligne de chemin de fer et m’arrête jeter un coup d’œil à trois petites gares qui n’ont pas trop de charme.

Je peine un peu sur la fin, payant sans doute les efforts d’hier et ma courte nuit. Arrivé dans le village de Parmovay vers 17h30, je me heurte une fois encore à plusieurs refus d’hébergement. Ce n’est pas méchant car certains sont de bonne volonté, telle cette jeune fille qui prend sa voiture pour m’emmener sur un petit square avec des jeux d’enfants. Mais ce n’est vraiment pas dans leur mentalité d’ouvrir leur porte à un étranger. Je finis par jeter mon dévolu sur un petit terrain de sport où jouent quelques gamins sous la surveillance d’un adulte. Le gars me confirme que je peux bivouaquer ici sans problème, et les gamins observent mon installation. Le plus grand demande à essayer Colibri, mais sans les sacoches. L’ambiance est sympathique, le gars m’offre un café, un gamin va me remplir un bidon d’eau mais ça s’arrête là. Bien que voisins immédiats du stade, personne n’aura l’idée de me convier chez l’un ou l’autre pour dîner ou plus.

Plus tard, des petits groupes d’ados se succèdent et tous s’intéressent à mon voyage, si bien que j’ai du mal à rédiger mon blog. Vers 22h je suis prêt à aller me coucher, mais les jeunes sont toujours sur le stade à se livrer à des jeux de force et des sports de combat. J’espère qu’ils vont vite se fatiguer.

Comme Sofia, Plovdiv a un passé romain.
Le rose est a l’honneur pour le Giro.
Statue offerte par Okayama, ville japonaise jumelée avec Plovdiv.
Mathys Rondel s’est gentiment prêté à l’exercice du selfie sartho-sarthois.
Malgré ses blessures consécutives à une chute, ce coureur italien garde le sourire.
Je ne perds pas mon fil rouge de vue.
Colibri s’apprête à décoller.
Bogi a essayé Colibri, mais sans les sacoches.
Les jeunes ont suivi attentivement mon installation.
Les ados, c’est du costaud.

En savoir plus sur Pédaler pour découvrir et rencontrer.

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laissez un commentaire, cela me fera plaisir. Pour déposer un commentaire, il est recommandé de créer un compte Wordpress. Si vous ne souhaitez pas procéder ainsi, un pseudo vous sera attribué automatiquement. Dans ce cas, pensez à signer vos messages afin que je sache qui m'écrit. Merci