Clap de fin.

Jour 54, jeudi 21 mai.

Istanbul

Istanbul, je me réveille à Istanbul. Et j’y suis venu à vélo, 4.400 kilomètres au compteur. Ce matin, je réalise mieux que ça y est, j’y suis, je l’ai fait. Hier soir, j’avais juste le sentiment d’avoir bouclé une étape, une de plus. Mais maintenant je prends conscience que j’ai atteint mon but, Byzance, Constantinople, Istanbul.

Je ne pourrais pas dire que cela aura été facile, mais franchement cela n’a pas été très difficile non plus. Certes il y en a eu des pénibles physiquement, mais les kilomètres se sont enchaînés presque comme sur le plan prévu. Et une fois encore j’ai eu la chance d’être épargné par tous les gros ennuis, qu’ils soient physiques, mécaniques ou relationnels. Je n’ai même pas crevé une seule fois, sauf dans mon jardin au départ ! Pour la première fois, je suis aussi parvenu à rédiger et transmettre mon blog tous les soirs sans exception, quitte à m’endormir quelques fois sur mon téléphone.

Que me restera-t-il de ce voyage ? C’est encore trop tôt pour le dire, il faut que ça décante un peu. Les rencontres, c’est certain, les gens qui m’ont accueilli, dans des conditions complètement différentes d’une fois à l’autre, ceux que j’ai croisés sur la route aussi, ceux avec qui j’ai partagé de si beaux moments de convivialité spontanée, et puis tous ceux qui m’ont salué d’un geste d’encouragement ou d’un coup de klaxon. Il restera aussi la satisfaction d’avoir découvert des pays et des villes riches d’une histoire que j’ignorais en grande partie, Trieste, Ljubljana, Zagreb, Sofia, Edirne. Sur ce plan là, le Tadjikistan m’avait laissé sur ma faim; cette fois la profusion des visites possibles dépassait les limites du temps dont je disposais. Et puis, le plaisir de vivre dans la nature, de dormir à l’air libre, de me réveiller dans des endroits de rêve parfois, de me débrouiller avec seulement ce que je transporte, c’est à dire peu de choses, d’être capable de me priver du confort auquel je suis habitué, l’obligation de repousser mes limites parfois, d’assumer mes choix, tout cela me rend fier et heureux.

Autant dire qu’il y a un petit coup de déprime quand on boucle un parcours comme celui-là. Mais ce soir, je retrouve ma chérie et le moral va remonter en flèche.

La journée va alterner entre balade à vélo dans Istanbul et préparation du retour, avec la problématique du transport de Colibri. Pour cela, je reçois l’aide précieuse des deux réceptionnistes de l’hôtel qui trouvent un magasin de cycles qui accepte de me vendre un carton, et un transporteur tout proche pour le transférer à Antalya, d’où nous reprendrons l’avion pour Paris. Je ferai ça demain après-midi en zappant quelques visites. 

Je flâne beaucoup le long du Bosphore et de la mer de Marmara, ainsi que dans un souk où j’aime me perdre. Mais mon objectif principal reste la gare de Sirkeci, celle qui accueillait l’Orient Express. Et là, grosse déception ; le magnifique bâtiment construit en 1890 est totalement invisible et inaccessible, car en pleine rénovation. Décidément, les gares turques font leur lifting en ce moment ! J’essaie de trouver quand même quelques images à faire, mais l’accès aux quais est réservé aux voyageurs, donc je ne verrai rien de cette gare mythique. Bon, je n’ai pas fait le voyage que pour ça, mais quand même, c’était un peu le point final. Il restera un point de suspension.

Vers 18h, je remets Colibri en configuration voyage pour organiser une arrivée officielle sur la place de l’hippodrome. Rendez-vous est fixé au pied de l’obélisque, en face de la mosquée Bleue. Comme les formalités à l’aéroport et le transfert vers le centre-ville traînent un peu, je m’offre un petit tour de ville et un passage dans le souk où j’achète des baklavas pour le dessert. Sur le retour, j’assiste à une scène cocasse : une fille fait un footing en tenue très très légère, un maillot de bain deux pièces très échancré. Elle passe une première fois, s’arrête pour relacer ses chaussures et redémarre. Elle fait visiblement dans la provocation. Mais son deuxième passage devant sainte Sophie est interrompu par deux policiers qui l’interceptent et l’envoient se rhabiller.

A 20h30, j’ai droit à l’accueil enthousiaste de Marthe, Chantal, Béatrice, Jean, Georges et Gérard, venus me rejoindre et passer quelques jours en Turquie. On prend photos et vidéos pour marquer ce moment symbolique, et on file vite se restaurer car leurs estomacs crient famine. L’aventure est terminée mais la fête continue.

Merci à mes fidèles lectrices et lecteurs ; j’espère vous avoir distraits avec ces récits qui sont aussi pour moi une façon de mémoriser les événements que j’ai la chance de vivre. Et rendez-vous à l’automne pour une récit de voyage en images, date et lieu à définir.

Sur le Bosphore, le trafic est intense.
Le grand homme est présent partout.
La petite Sofia est une adorable mosquée, qui était une église à l’origine.
La place de l’hippodrome est un ancien champ de courses romain.
Un reste de muraille et l’arrière de Topkapi.
La gare de Cirkeci est en rénovation.
Le poste d’aiguillage a l’entrée de la gare.
Les pêcheurs sont nombreux sur le pont de Galata.
Les baklavas sont appétissants.
Des montagnes de lokoums.
Retrouvailles devant la mosquée bleue.

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3 réflexions sur “Clap de fin.

  1. Alors comme ça c’est fini ! Dommage, on aurait bien continué à pédaler avec toi..

    Bon séjour à Istanbul avec ta bande et bonjour à ceux qui me reconnaîtront

    Nicole la Rennaise

    J’aime

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