Coup de vieux.

Jour 39, mercredi 6 mai

Dragoman-Sofia, 58 Km.

Est-ce l’effet des pâtes ? Ou les bienfaits de l’accueil chaleureux ? Ce qui est certain c’est que je fais une super nuit et que je ne me réveille que vers 8h dans le jardin, bien à l’abri des chiens errants que je vois passer depuis hier soir. Une heure plus tard, mon rangement est presque terminé et Ahmed vient s’enquérir de ma nuit et me proposer un petit déjeuner traditionnel bulgare. Celui-ci se compose d’une banitsa, un feuilleté salé au fromage blanc et au yaourt, d’un gâteau léger type génoise parfumé à la fleur d’oranger et d’un verre de yaourt bien sûr. Tout cela est délicieux, il manque juste le café.

Les enfants sont un peu chafouins ce matin mais je les déride en jouant un peu avec eux. La petite Marina est enrhumée, ce qui lui vaut d’être privée d’école ; c’est automatique, au moindre signe de rhume, les parents sont priés de venir chercher leur enfant et de le garder à la maison. Cela empêche pratiquement la maman de travailler à domicile, sauf à ce que le papa y reste aussi, ce qui est le cas aujourd’hui. Son statut de cadre lui octroie visiblement de la souplesse dans son travail.

La situation économique de la Bulgarie est délicate; la pandémie, puis la guerre en Ukraine et maintenant celle d’Iran engendrent une augmentation de tous les prix que les habitants prennent de plein fouet avec leurs maigres salaires; l’équivalent de notre SMIC est fixé à 620€ mensuels. On comprend pourquoi de grandes entreprises comme Michelin viennent produire ici. Malgré tout, les Bulgares émigrent peu car ils ne disposent pas de réseaux dans les autres pays de l’UE.

Ce pays d’à peine 7 millions d’habitants est membre de l’Union européenne depuis 2007, mais il vient tout juste d’intégrer la zone euro. L’euro est donc la monnaie officielle depuis le 1er janvier de cette année, mais le lev a toujours cours jusqu’au 31 décembre pour assurer une transition en douceur.

Sur les conseils d’Ahmed, qui considère l’ancienne route comme impraticable à vélo, je reprends l’autoroute à la sortie de Dragoman, mais je la quitte au bout de 8 Km pour reprendre l’itinéraire préconisé par OpenRunner. La route est tout à fait acceptable et je me sens quand même plus à ma place ici. Mais à l’approche de Sofia, je n’échappe pas aux grands axes et je suis assommé par l’intensité de la circulation, au point d’avoir mal à la tête, mais c’est peut-être aussi le café du matin qui me manque.

Une fois sorti de cet enfer, l’entrée dans la capitale se fait par des quartiers où je ne viendrais pas la nuit. Mais j’ai aussi la chance de passer devant le parc Zapaden, un espace forestier aménagé pour la promenade à pied et à vélo. Il y a du monde mais pas trop, beaucoup d’enfants à vélo ou à trottinette, ainsi que des groupes qui pique-niquent, parfois avec le barbecue. Je m’installe sur un banc pour déjeuner et je me fais même chauffer un café pour conclure cet agréable moment de détente.

Encore quelques kilomètres en direction du centre-ville et je passe devant la gare centrale sans l’avoir cherchée. J’y pénètre bien sûr et cette fois c’est une gare active et bien vivante que j’explore. Je découvre aussi deux locomotives anciennes à vapeur, datant de 1900 et 1918. Si elles ne l’ont pas tracté (elle me semblent trop légères), elles ont peut-être vu passer l’Orient Express. J’en profite pour me renseigner sur les trains qui desservent Rila car je voudrais aller visiter le monastère situé à 120 Km de Sofia. Mais aucun train n’y va et la gentille guichetière m’invite à y aller à vélo. Hélas, ce n’est pas ma route et c’est très escarpé. Elle me renvoie vers la gare routière, mais il n’y a pas de cars non plus. C’est curieux car  c’est une destination touristique très prisée.

16h, il est temps de rejoindre le « Blablahostel » où j’ai réservé un lit avec option luxe : dortoir de quatre lits seulement et serviette de bain offerte, le tout pour 15€ la nuit. Mais mon enthousiasme à la perspective de prendre une douche est refroidi par l’employée de l’accueil qui regrette de ne pouvoir donner suite à ma réservation. Motif : trop vieux ! L’établissement n’est ouvert qu’aux 18-55 ans. Je râle un peu, elle appelle le gérant avec qui je plaisante en disant que ma date de naissance est erronée sur mon passeport et il reconnaît que je ne fais pas mon âge, donc il accepte de faire une exception. Et il a même la délicatesse de m’octroyer un lit du bas, vu mon âge avancé. Ouf ! Je n’avais aucune envie de repartir à la recherche d’un lit ailleurs, même si l’offre est pléthorique.

Installation, douche, lessive, je prends tout mon temps avant de ressortir en soirée avec l’idée de trouver un bar qui diffuse le match Bayern-PSG. Mais j’ai beau arpenter le long boulevard  Vitosha où se concentrent bars et restaurants, je ne trouve pas l’écran qui m’intéresse. Et pour cause, le match ne commence que dans une heure, j’ai totalement zappé qu’il y a une heure de décalage. Cela nous met le coup d’envoi à 22h et le coup de sifflet final à minuit. Ça va faire un peu tard pour moi, ça, même si je n’ai pas une grosse étape dans les jambes. Alors je rentre tranquillement à l’hostel en admirant les illuminations de quelques bâtiments du centre-ville et je suis le match sur mon téléphone.

Petit déjeuner traditionnel bulgare.
La périphérie de Sofia n’est pas aguichante.
Le beau parc Zapaden.
Le hall de la gare centrale de Sofia.
Une gare bien vivante.
Presque toutes les voitures sont taguées.
Une loco allemande de 1928.
Soleil couchant sur la galerie des beaux-arts.
Le musée archéologique illuminé.

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Une réflexion sur “Coup de vieux.

  1. haha, trop vieux toi ! Je suis écroulée de rire… il te reste encore qqes années avant de te sentir aussi âgée que moi ! Continue ton périple pour ns faire sourire, rire et ns régaler avec tes aventures..

    bisous rennais, Nicole

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