Ciao Italia, dobre dan Slovenia.

Jour 21, samedi 18 avril

Trieste-Tolmin, 105 Km.

La nuit n’a pas été terrible, d’abord parce qu’il faisait très chaud dans le dortoir, mais aussi parce que mes compagnons de chambrée n’étaient pas très respectueux. L’un d’eux s’est engueulé au téléphone ce matin vers six heures sans aucune gêne. Les joies de la vie en collectivité…

Après avoir récupéré Colibri qui m’attendait sagement dans son garage, je me fais un petit déjeuner dans le bar de l’hostel et je pars faire un nouveau tour dans Trieste. Je vadrouille d’abord le long du canal qui voulait sans doute rivaliser avec celui de Venise, puis je monte au château San Giusto pour admirer la vue sur la ville depuis les hauteurs et jeter un coup d’œil à la cathédrale.

Le programme d’aujourd’hui et des prochains jours prévoit de m’écarter un peu de mon fil rouge, la ligne du Simplon Orient Express, pour faire un crochet dans cette Slovénie qui me semble mériter un détour. Je pourrais aussi utiliser ma journée d’avance pour faire un aller-retour jusqu’à Piran, une station balnéaire réputée pour sa beauté, mais est-il bien utile d’ajouter encore des kilomètres à ce long périple ? Je préfère rester sur l’itinéraire prévu et, éventuellement, étaler deux étapes sur trois jours.

Donc c’est parti en direction de Tolmin en Slovénie. Cela suppose de refaire d’abord en sens inverse la route par laquelle je suis arrivé. En temps normal, je n’aime pas revenir sur mes roues, mais cette route côtière est si belle que ce n’est pas une punition. J’avale sans difficulté les 12 kilomètres de faux plat qui me ramènent vers Monfalcone où j’ai déjeuné hier midi. Persuadé que je dois traverser la ville, je néglige mon appli jusqu’au panneau d’entrée de ville et c’est là que je découvre que j’aurais dû bifurquer trois kilomètres avant. Et bim ! 3+3 = 6 Km de plus au compteur.

Sitôt la bonne route prise, je change de monde, le ronflement des moteurs laisse place au chant des oiseaux et c’est un bonheur de rouler sur ces petites routes qui serpentent dans un relief de plus en plus accentué. Les monts environnants sont couverts d’une forêt dense dans laquelle je pénètre parfois.

Je passe presque du château de Duino, où le poète autrichien Rainer Maria Rilke avait ses habitudes et qui lui a inspiré ses célèbres élégies, un des textes de poésie les plus étudiés dans la sphère germanique.

Vers 13h j’ai déjà faim, aussi je m’arrête dans un parc public de Gorizia pour déjeuner et pour une fois je vais manger chaud : je me fais cuire des pâtes sous le regard étonné de trois petites dames qui papotent sur un banc voisin en surveillant leurs trois caniches.

Cette ville a une histoire particulière puisqu’elle a toujours été disputée entre l’Italie et l’empire austro-hongrois. Attribuée à l’Italie en 1918, elle a été coupée en deux après la deuxième guerre mondiale au profit de la Yougoslavie. Résultat, c’est une ville frontière, avec Gorizia côté italien et Nova Gorica côté slovène. Une frontière que je franchis sans m’arrêter puisque la Slovénie est membre de l’Union européenne depuis 2004 et a signé l’accord de Schengen en 2007. Sitôt la frontière franchie, les panneaux indicateurs deviennent beaucoup moins compréhensibles qu’en Italie; il va falloir que je m’y mette un peu.

Les 20 premiers kilomètres dans le pays de Tadei Pogacar vont s’apparenter à une promotion pour le vélo dans la nature. La piste cyclable dessinée le long de la rivière Soca est fréquentée par des dizaines de cyclistes, en solo en couples ou en groupes, de tous âges et de tous styles. Il faut dire que cette piste est un régal, totalement intégrée dans la forêt et recouverte d’un asphalte impeccable. C’est tout juste si on perçoit, le bruit des automobiles de l’autre côté de la rivière. Et cette fois, beaucoup me saluent d’un geste ou d’un mot en me croisant ou en me doublant.

Une fois revenu sur des petites routes partagées, je suis surpris par le faible trafic en ce beau samedi après midi. Quant au dénivelé, il est marqué par des séquences courtes mais violentes : des «coups de cul » d’une centaine de mètres à 10 ou 12% suivis de brèves descentes, une alternance répétée à l’infini. C’est un rythme qui me convient assez bien car il évite la monotonie. Il n’empêche que cela nécessite une énergie qui s’effrite au fil des kilomètres et je termine l’étape sur les rotules.

Parmi les deux campings de Tolmin, celui que j’avais choisi est fermé le 18 avril, réservé pour une soirée privée. Zut, c’est aujourd’hui. « Mais on sera ouvert demain » me rassure le gérant. Mais moi je serai loin. Je me rabats donc sur l’autre qui me convient tout à fait et qui est presque désert. Une douche, une bière au bar, quatre œufs à la coque et au lit.

Le canal de Trieste ne tient pas la comparaison avec celui de sa rivale Venise.
Trieste vue du château San Giusto.
Le chœur de la cathédrale.
La gare de Trieste.
La rivière Soca.
Parfois, une cimenterie vient gâcher le paysage.
L’arrivée à Tolmin.

En savoir plus sur Pédaler pour découvrir et rencontrer.

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laissez un commentaire, cela me fera plaisir. Pour déposer un commentaire, il est recommandé de créer un compte Wordpress. Si vous ne souhaitez pas procéder ainsi, un pseudo vous sera attribué automatiquement. Dans ce cas, pensez à signer vos messages afin que je sache qui m'écrit. Merci