Jour 9, lundi 7 avril
Lausanne-Vallorbe-Vevey-Aigle, 44Km.
Une histoire de trains.
C’est la première fois que je dors dans une grande ville et c’est la première fois que je vois un camping pareil ! L’espace restreint réservé aux tentes, ça c’est de plus en plus courant, les chalets, camping-cars et autres vans occupant désormais l’essentiel de l’espace. Mais des sanitaires sans eau chaude, où toutes les douches sont hors services et les toilettes à la turc (vous direz, faut bien que je m’habitue…), c’est quand même plus rare. Et en Suisse en plus ! Quant à la si vantée proximité avec le lac, elle est réelle, mais obérée par un lourd grillage et une haie dense. Bref, un endroit où passer une nuit, pas plus. Mais je suis mal venu de me plaindre; Étant arrivé après la fermeture de la réception et reparti avant l’ouverture, je ne vais rien débourser pour les « services » rendus. Zéro franc suisse, ça ne vaut pas plus.
En ce lundi de Pâques, jour férié en Suisse aussi, je vais modifier mon programme afin de réparer une erreur dans l’élaboration de mon parcours. En effet, je suis passé hier à 8Km de Vallorbe, une gare qui comptait dans le parcours du Simplon Orient Express. J’aurais dû prévoir d’y faire étape et j’aurais aussi pu faire le détour quand j’étais à Le Pont, au bord du lac de Joux, mais, fatigué, j’ai eu peur des quelque 400 mètres de dénivelé supplémentaires que ce détour impliquait. J’ai eu tort et je le regrette d’autant plus quand j’apprends l’existence d’un musée « du fer et du chemin de fer ». Pour ne pas avoir de regrets, je vais donc m’offrir un aller-retour en train entre Lausanne et Vallorbe, après m’être assuré que ledit musée est ouvert.
Avant d’embarquer, je m’offre une jolie balade matinale sur les rives du lac et dans le parc du musée olympique qui rappelle que le siège du CIO se trouve à Lausanne.
Le trajet vers Vallorbe est confortable, tous les trains régionaux proposent des espaces pour les vélos, ce dont profite Colibri avec son billet à moitié prix.
Le bâtiment de la gare, située sur les hauteurs du village est en soi un monument avec ses quatre niveaux, son toit volumineux, sa grosse horloge et ses peintures en façade. On dirait plutôt un hôtel.
Vallorbe a été relié à Lausanne dès 1870, mais la ligne n’allait pas plus loin, ce qui en faisait un cul de sac, peu propice à la commercialisation des couteaux et autres limes, spécialités de cette région riche en fer. Aussi est-ce avec une grande satisfaction que les habitants ont vu l’ouverture en 1875 de la ligne vers Pontarlier, distante de seulement 26 Km. D’un coup, Vallorbe est devenu un point de passage entre la Suisse et la France, vers laquelle on exportait même des blocs de glace prélevés dans les lacs gelés !
Le percement du tunnel du Mont d’Or, en 1913, va donner une dimension encore supérieure à la gare de Vallorbe en évitant aux trains venant de Paris le long détour par Pontarlier. La consécration arrive après la première guerre mondiale avec le passage du Simplon Orient Express. La cité devient alors la gare frontière pour les passagers du fameux train. Aujourd’hui encore, les TGV Paris-Milan y font escale.
Riche de son passé ferroviaire et ferrugineux, Vallorbe célèbre chaque lundi de Pâques le travail du métal sous l’appellation « la fête des couteliers ». J’y flâne rapidement pour me consacrer au sujet qui m’intéresse, celui du train, illustré par des photos d’époque, des maquettes, des objets ferroviaires anciens et un beau circuit miniature.
Dans le train du retour, je décide de prolonger mon trajet au-delà de Lausanne, jusqu’à Vevey. Certes, les rives du Lac Léman sont pleines de charme, mais je dois aussi avancer pour ne pas prendre trop de retard sur mon planning. De Vevey à Montreux, j’ai encore le temps de me régaler les yeux sur cette côte magnifique qui sent le luxe à chaque virage.
A Montreux, ville de jazz, je m’achète un peu de nourriture, ce qui me permet de toucher du doigt la différence de niveau de vie entre la Suisse et la France. Je suis tout d’abord agréablement, surpris par le prix des bananes : 0,95€, jusqu’à ce que je m’aperçoive que c’est le prix à l’unité ! Et tout est à l’avenant : avec ma salade, une banane et une baguette j’en ai pour 12 €.
Je fais aussi une halte prolongée au pied de l’emblématique château de Chillon, le monument le plus visité de Suisse, construit par les ducs de Savoie, alors tout puissants dans la région, au XIIème siècle.
C’est aussi l’endroit où la ligne de chemin de fer est au plus près de la rive et je me plais à penser que les passagers du SOE pouvaient admirer le même panorama que moi aujourd’hui, avec en toile de fond les cimes alpines enneigées.
Après Montreux je bifurque vers l’Est pour remonter le cours du Rhône sur des pistes cyclables parfaites et très fréquentées en ce beau week-end prolongé. Je fais une vingtaine de kilomètres pour rejoindre Aigle où se trouve un camping, cette fois digne de la réputation des Suisses, avec ses sanitaires tout neufs et une eau chaude qui coule à flot. Aaaaah !
Pour la première fois depuis mon départ, je ne respecte donc pas mon plan de vol. Mais j’ai ma petite idée pour rattraper le coup; je vous expliquerai demain.












Coucher de soleil sur les cimes des Alpes.
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waouh, c’est magnifique, merci de ce partage qui fait rêver.
Tu dois avoir moins froid la nuit, c’et déjà ça. Bisous
Chantal
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