Une belle frayeur.

Jour 4, mercredi 1er avril

Rians – Lac de Baye, 107 Km.

Chaudronnier est un beau métier, mais un peu bruyant à mon goût. Dès 7h, les premiers coups résonnent sur les cuves inox fabriquées par Shick Esteve pour le stockage des produits alimentaires. Mais je ne vais pas leur en vouloir, puisqu’ils m’ont si gentiment accueilli.

L’autre accueil sympathique de cette étape et celui que me réservent Jérôme et Élise, les voisins du terrain où j’ai dormi. Après m’avoir approvisionné en eau hier soir, ils m’offrent un café croissant dans une salle à manger dont la douce chaleur me fait beaucoup de bien. J’apprends de ces tranquilles retraités que la commune de Rians a la particularité d’avoir plus d’emplois salariés(1300) qu’elle ne compte d’habitants (800), un beau ratio, encore meilleur que celui de Sablé !

Ces Picards ont émigré en Bourgogne pour préserver la santé de leurs deux filles. Avec eux on papote, de tout et de rien, le bonheur d’être grands-parents, le sauvetage des escargots cassés, les avantages de notre sécurité sociale, l’importance des relations avec le voisinage, Donald Trump, etc.

Je file ensuite à la boutique de la laiterie de Rians, dont j’apprécie les produits depuis longtemps. Je renonce à contrecœur au pot de 5 kg de fromage blanc, et je me contente de quelques faisselles et de yaourts aux fruits. A la sortie, je trouve José et Chantal qui observent Colibri. Ils sont aussi cyclistes et on parle un peu vélo.

Avec tout ça, il est plus que temps de prendre le départ de cette quatrième étape qui s’annonce plutôt difficile. Avec ses 96 km et ses 1000 m de dénivelé, elle est classée à la cinquième place en ordre de difficulté selon le barème que j’ai établi.

Et c’est malheureusement sous la pluie que j’effectue les premiers kilomètres, une pluie qui ne me lâchera que vers midi, sans toutefois laisser place au beau temps. Au départ, je ne pense pas à mettre les sur-chaussures imperméables que je viens juste d’acheter. Et quand cela me vient à l’esprit, il est trop tard, les chaussures sont mouillées, et les socquettes itou.

Les nuages bas ont un autre inconvénient, ils m’empêchent de m’orienter d’après le soleil. Seule l’orientation des panneaux solaires sur les bâtiments agricoles m’indique le sud. Heureusement, mon GPS est là pour m’indiquer la bonne route, même s’il est compliqué de le consulter car je dois tenir mon téléphone à l’abri de la pluie. Cela me vaudra quelques petites erreurs de parcours qui vont allonger un peu ma journée.

Contrairement à hier, je circule essentiellement sur des petites routes, mais la traversée de nombreuses petites forêts agrémente le parcours.

Après une quarantaine de kilomètres, je franchis de nouveau la Loire, qui a effectué une large boucle par Blois Orléans et Gien avant de couper de nouveau ma route. 

La ville de la Charité sur Loire me rappelle des souvenirs d’enfance, quand nous partions en famille à Monaco avec la Panhard, en empruntant chaque année, un itinéraire différent. La Charité sur Loire était un point noir bien identifié avec sa rue principale très étroite qui ne laisse passer la circulation que dans un sens, ce qui provoquait d’énormes bouchons aux dates de départ en vacances. Notre père profitait de cet arrêt pour griller une cigarette dans l’habitacle sans que personne ne trouve à y redire.

Pour l’heure, je m’y arrête faire quelques courses et surtout visiter le prieuré qui a donné naissance à la ville. Construit au XIème siècle par les moines bénédictins de Cluny, cet édifice aurait pu disparaître au XIXème siècle car la route Paris-Nevers devait le traverser de part en part. Heureusement, Prosper Mérimée l’a sauvé en faisant classer l’ensemble comme monument historique.

A partir de là, la route s’élève et la deuxième partie de journée sera assez corsée. Les paysages boisés sont agréables, mais peu mis en valeur par le ciel qui reste gris et bas jusqu’aux tout derniers kilomètres. Le soleil fait enfin son apparition quand j’arrive à Baye, Après 107 Km d’efforts. 

Sur la rive du lac, le camping n’en est pas vraiment un, ce qui me prive des sanitaires et surtout de la douche que je convoitais. Pour la toilette, l’eau du lac fera l’affaire, même si cela m’a valu une énorme frayeur : alors que je me penchais pour tremper mon gant de toilette, un énorme silure a sauté et a englouti le gant et le savon ! J’ignore s’il a trouvé ça à son goût, mais moi, ça ne m’a pas fait rire du tout. Et j’ai terminé ma toilette avec l’eau de mes bidons.

A part ça, l’endroit est magnifique et calme à souhait; la nuit devrait être 

Un moment chaleureux chez Jérôme et Élise.
Un arrêt obligé.
Je suis tenté de tout acheter.
Dans la région, les clochers des églises sont très pointus et parfois penchés.
Pont sur la Loire à La Charité.
L’église du prieuré est la deuxième plus grande de France avec sa nef de 122 mètres de long.
Le cloître est en meilleur état que l’église.
Une borne de service en pleine forêt ; riche idée.
Le soleil réchauffe mon coin de bivouac.

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11 réflexions sur “Une belle frayeur.

  1. Bonjour Pascal. J’espère que tu trouveras bientôt le soleil pour te réchauffer et pédaler avec plus de confort. Merci pour tes belles photos 😊 bises Karine

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  2. Bonjour, Merci de nous faire rêver et voyager avec vous. Les textes sont agréable à lire et les photos intéressantes. Cela fait du bien de s’évader de notre quotidien!!! ; Patrick

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