Jour 8, dimanche 6 avril
Le Frasnois – Lausanne, 98 Km.
Réveil plutôt matinal dans une atmosphère fraîche mais moins froide que les jours précédents malgré les 800 mètres d’altitude. Mouillée par la rosée, la tente va sécher sur « ma » table de pique-nique. Comme je me suis levé tôt, je prends mon temps et je profite de cet endroit agréable en prolongeant un peu le petit déjeuner. Résultat il est presque 9h30 quand je suis prêt à partir. C’est à ce moment-là que trois voitures arrivent et se garent près de moi ; ce sont les membres d’un club subaquatique qui viennent plonger dans le lac. On discute un petit moment, de vélo, bien sûr, et de plongée aussi.
Le plein d’eau fait aux toilettes publiques du village, j’attaque cette huitième étape dont je sais qu’elle sera difficile avec ses trois ascensions séparées par quelques kilomètres de descente.
La première montée se passe mieux que prévu, il semble que je commence à avoir un bon rythme dans les jambes. Autrement dit, je rentre dans le Doubs sans être dans le dur. Dans les villages sur le plateau je fais quelques emplettes, d’abord une salade composée à la charcuterie, puis le plein de fromage du pays, Comté et Morbier, dans une fruitière. Reste à trouver du pain, ce qui est fait dans une minuscule épicerie où j’aurais aussi volontiers acheté des bananes. Comme elle n’en n’a plus en rayon, l’épicière va chercher la dernière qui lui reste dans sa salle à manger. C’est gentil.
C’est à Mouthe que je m’arrête pour manger ces bons produits. Ce village est connu pour être le plus froid de France. Une réputation justifiée par un record à -41°, enregistré le 17 janvier 1985, mais surtout très médiatisée, grâce à Jean Breton, le chroniqueur météo de RTL de l’époque, qui avait pris l’habitude de téléphoner à la boulangère de Mouthe pour connaître la météo de la région.
La deuxième ascension s’avère plus rude que la première, aussi je fais quelques haltes pour prendre des photos de la neige qui recouvre encore une bonne partie des champs, ainsi que les bas-côtés de la route. Même si je fais un passage à près de 1.200 mètres, je ne m’attendais pas à cela. Au loin j’aperçois un des rares tremplins de saut à ski du Jura.
La belle descente qui m’amène au Lac de Joux est marqué par le franchissement de la première frontière de mon voyage, celle de la Suisse. Mais mon entrée en confédération helvétique passera quasiment inaperçu puisque aucun contrôle n’est effectué au passage.
Je fais une nouvelle halte au bord du lac de Joux, où il règne une activité digne d’un dimanche de Pâques, c’est à dire faite de flâneries et de terrasses, occupées notamment par les très nombreux motard qui circulent aujourd’hui.
C’est là que débute la troisième ascension du jour, peut-être pas la plus dure mais elle arrive après les deux premières qui ont bien entamé mon capital fraîcheur. Sans forcer, à mon rythme, je parviens au sommet après une petite heure d’effort.
Et là, je crois être au bout de mes peines car, même s’il reste une vingtaine de kilomètres jusqu’à Lausanne, je sais que c’est globalement descendant. Et même très descendant au début; sur une très belle route, j’enquille plusieurs kilomètres à plus de 50 Km/h, prenant soin de ne pas me faire flasher aux entrées de villages.
Mais à l’approche de Lausanne, et alors que la descente est terminée, je suis gêné par un fort vent de face. De plus, perds le fil de mon parcours dans les faubourgs de la grande ville et je me retrouve sur des grands axes pas tous pourvus de voies cyclables. Ajoutés à la difficulté à trouver le terrain de camping, ces deux soucis vont me faire arriver tardivement sur les bords du lac Léman et avec un kilométrage pléthorique
Tout juste le temps de monter la tente, de me laver et de manger et il est l’heure de me mettre au chaud en tendant l’oreille vers les grondements de l’orage qui sévit sur l’autre rive.








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