Jour 51, jeudi 3 octobre. 

Samarcande – Tashkent.

Pour les 10 dollars, j’ai même droit à un copieux petit déjeuner, pain, beurre, deux œufs, deux saucisses et du raisin. Pas mal du tout. Les sacoches confiées au gardien, je pars avec Colibri allégé vers l’extérieur de la ville afin de visiter un des sites qu’on n’a pas vus en 2022, l’observatoire astronomique d’Ulugh Beg. Ce petit fils de Tamerlan, qui a hérité de l’immense empire bâti par son aïeul, était aussi un scientifique averti, notamment passionné d’astronomie. Il a fait construire une médersa où cette science était enseignée. Mais surtout, il a mené des travaux de recherche dans un observatoire qu’il a fait bâtir sur une colline aux portes de la ville. Ces travaux lui ont permis de cartographier plus de mille étoiles, de calculer l’axe de rotation de la terre, et surtout de calculer la durée de l’année solaire, sur laquelle il ne s’est trompé que d’une minute et deux secondes ! Et je vous parle des années 1420, un peu avant l’invention de l’ordinateur… 

Son principal outil de travail était un gigantesque sextant d’un rayon de 40 mètres, gradué sur toute sa longueur et partiellement enterré pour résister aux séismes. On en voit encore une partie, celle placée sous terre. La partie haute, comme l’observatoire, ayant été détruite par des religieux fanatiques peu après sa mort. Celle-ci n’est pas banale puisqu’il a été assassiné par son propre fils, juste après avoir terminé des études sur Saturne, planète qui tient son nom d’un dieu grec detroné par… son fils ! Le petit musée attenant mérite d’y passer du temps, ce que je fais tranquillement. J’y apprends au passage qu’un des cratères lunaires porte le nom d’Ulugh Beg et qu’Apollo 11 s’est posé dans le cratère nommé Al-Farghani, un autre astronome ouzbek.

A la sortie, Colibri est entouré d’une bande de curieux qui le prennent en photo, des Français surtout, mais aussi des Chinois, à qui je relate brièvement mon voyage avant de poser fièrement pour me retrouver dans des albums de famille à Paris et à Pékin.

Sur le retour, je passe devant la belle nécropole de Shah-i-Zinda, puis je visite le mausolée qu’Islam Karimov, l’emblématique président du pays de 1990 à 2016, s’est fait construire.

Après avoir fait le compte de l’argent dont je dispose, je choisis d’investir une partie du disponible dans la re-visite du Régistan qui m’attire de façon irrésistible. Cette vaste place est encadrée par trois écoles coraniques, celle d’Ulugh Beg construite au 15ème siècle et celles dites de Tilla-Kori (couverte d’or) et de Sher-Dor (qui porte les lions), érigées au 17ème. Leurs décors rivalisent de finesse et de beauté. Je suis notamment fasciné par les lion-tigres en chasse de Sher-Dor, la cour arborée de Ulugh-Beg et le marbre doré de la mosquée de Tilla-Kori. Si les Soviétiques ont interdit l’enseignement coranique dès 1924, ils ont aussi le mérite d’avoir restauré ces trois merveilles qui étaient abandonnées et en ruine au début du XXème siècle. Je passe près de trois heures à flâner de l’une à l’autre, avant de me décider à quitter ce lieu enchanteur. 

A l’auberge, je recharge Colibri et je traverse de nouveau la ville pour rejoindre la gare, pas mécontent de cet arrêt programmé-annulé-réalisé.

L’embarquement et le trajet jusqu’à Tashkent dans un train rapide très confortable se déroulent sans anicroches. A l’arrivée, la gare est fermée, donc pas de salon VIP. Du coup, je file directement à l’aéroport où la salle d’attente est ouverte.

Sur ce trottoir, les dents vous font de l’œil.
Promenade matinale peu ordinaire.
C’est l’heure de l’école.
La mosquée Bibi Khanum sous les premiers rayons du soleil.
Les restes du sextant d’Ulugh Beg.
Reconstitution de l’observatoire.
La mosquée Tilla-Kori.
Un art raffiné.
Le motif des lions-tigres est devenu un des emblèmes du pays.
Quand l’écriture devient art.
Les cours intérieures des médersas sont des havres de paix.

7 réflexions sur “Jour 51, jeudi 3 octobre. 

  1. c’est un vrai bijou cette ville, tu as eu bien raison de t’y promener tranquillement.

    Merci Pascal de nous avoir fait vivre ton aventure, nous avoir fait rêver et aussi parfois nous inquiéter un peu. J’ai hâte de t’entendre nous raconter tout ça. Bisous

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  2. Tu as vraiment bien fait de faire confiance à la petite voix qui te soufflait de sauter du train dans cette ville incroyable ! Bon vol retour et au plaisir d’assister à un débriefing en terre sabolienne. I. Ferrand

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