Oksu-Dushanbe, 89 Km.
La boucle est bouclée.
Le réveil sonne à 5h15, juste le temps d’ouvrir les deux yeux, de plier les futons et les premiers fidèles (la même dizaine qu’hier soir) arrivent. C’est Mirzomeddin qui fait l’appel à la prière depuis la cour de la mosquée qui ne dispose pas de minaret. Je décline l’invitation (étonnante) à participer à la prière, estimant inutile d’ajouter l’hypocrisie à l’hérésie…
Dès la cérémonie terminée, on ressort les restes du repas d’hier soir et je me force à manger car j’aurai besoin de calories pour mener à bien la mission du jour, rallier Dushanbe, distante de 85 kilomètres et 1.500 mètres de dénivelé positif. Le fils de Mirzomeddin, reconnaissant des petits cadeaux que je lui ai offerts, vient me saluer à l’heure du départ. Il est 6h30, cela me laisse du temps avant que le soleil ne cogne trop fort.
Dès la sortie du village, je reprends l’ascension là où je l’ai laissée hier soir, sur une portion à 8% un peu violente pour cet horaire matutinal. Mais l’organisme s’adapte, bien préparé par le séjour en altitude, et je trouve vite un bon rythme. Je me donne trois heures pour arriver au tunnel qui marque le sommet; en fait, j’y serai bien avant cela, poussé par ce vent du sud qui m’a fait tant de misères les semaines précédentes.
Le tunnel est bien éclairé, mais je prends soin de m’équiper et d’allumer toutes les lumières dont je dispose. Vu de dos, je dois ressembler à une guirlande de Noël clignotante ! Mais dans ce cas précis, le ridicule ne tue pas, il peut même vous sauver la vie. Comme il est en descente, le tunnel de 2,2 kilomètres est vite expédié ; rien à voir avec celui du début de mon séjour.
Une belle et longue descente m’amène à Karatosh où je traverse la rivière Vakhsh, avant d’aborder la deuxième difficulté du jour. La ville s’étant autoproclamée capitale de la grenade, je m’offre un jus de ce fruit pressé sur place et je m’achète une livre de délicieuses petites figues pour me donner du courage.
La deuxième montée est plus courte que la première, mais elle n’offre aucun répit, pas de plat, pas la moindre petite descente. Et puis c’est la deuxième, donc forcément plus coriace puisque j’ai déjà l’autre dans les jambes. Aussi, la vue de l’entrée du tunnel est un véritable soulagement ; je viens de monter la dernière difficulté de mon voyage et plus rien ne devrait m’empêcher de le boucler.
La sortie du tunnel de 4 kilomètres me réserve quand même deux petites surprises désagréables ; un, la pluie qui fait son apparition, deux, la montée qui se poursuit. Le tunnel n’était donc pas tout à fait au sommet. Mais ni l’une ni l’autre ne vont m’embêter très longtemps et la belle descente qui s’offre à moi ressemble à une marche triomphale vers mon point d’arrivée. Les kilomètres s’enchaînent facilement, un petit arrêt pour manger quelques samsas, puis un autre à Vahdat et c’est la dernière ligne droite vers Dushanbe où j’arrive à 16h, bien plus tôt que j’osais imaginer. Je retrouve facilement le Green House Hostel où m’attend Carlos, le jeune Belge rencontré à Ghudara ! Il a eu le temps d’aller à Khorog et de faire la vallée de Shakhdara dans les deux sens, avant de rentrer en camion-stop.
Comme un signal de fin, un gros orage éclate sur la ville en soirée. Je suis bien content de ne pas dormir sous ma petite tente ce soir…
Une énorme douche et une lessive complète me permettent de retrouver ma condition d’être humain, avant un dîner de pâtes et une bonne nuit.










merci pour toutes ces traces de voyages que vous nous avez fait vivre .Nous avons hâte d’en savoir encore plus lors de la rencontre de Sable prochainement .
Bravo
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bravo pour ton rêve réalisé et quel plaisir de lire ton blog chaleureusement écrit ! Bonne fin de séjour
Martine gruer
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Merci, Martine.
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bon les chaussures tu dois les conserver aucun risque de te les faire voler.
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la fin de ton périple est proche, bravo pour tout. Encore une fois on se régale de tes récits et des photos et on aura évidemment plein de questions à ton retour. Bisous
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Eh ben mon colon, quel périple ! Te suivre a été un vrai plaisir, bien confortablement assis devant l’ordi.
Et maintenant, repos, et préparation du show à Sablé
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Tu as l air bien fatigué sur cette photo.
prends bien soin de toi pour la dernière ligne droite!
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Bravo. Pressée de te revoir. Bises
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J’ai lancé un cagnotte en ligne : sauvons les pieds du soldat coco 😜 … je pense que tes chaussures vont apprécier leur retour à la maison, enfin si la compagnie aérienne les accepte à bord
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🤣🤣🤣
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Le haut ça va mais le bas… Est-ce la première fois que tu reviens avec de tels pieds ? Impressionnant. Est-ce le frottement de tes baskets ? Tu as souvent réparé Colibri, maintenant place à la « réparation » de ton corps.
Odile
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Je n’ai pas trop identifié la cause de ces brûlures ; oui, sans doute le frottement des languettes des chaussures, qui ne feront pas le voyage retour !
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Ah ! enfin une photo où on voit tes claquettes…ce sont sans conteste les plus belles de la rangée 😄 La fin de cet incroyable parcours est proche, tes récits et photos vont nous manquer. PS as tu reçu des nouvelles de la santé du jeune médecin Sébastien ? C’était tellement la poisse cette histoire d’oeil.
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Oui, Sébastien est rentré en France. L’ophtalmologue de Khorog lui a encore retiré 12 larves. Il va bien maintenant.
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