Ak Baital-Karakul, 65 Km
J’ai vaincu mon Everest.
Au matin, comme d’habitude, le calme est revenu, le vent est tombé, et même si la température reste largement négative, bien couvert, c’est tout à fait supportable. Du coup on prend le temps de discuter pendant le petit déjeuner et de faire plus ample connaissance. Marion et Sébastien sont tous les deux médecins spécialistes à l’hôpital d’Annecy, elle gastro-entérologue, lui anesthésiste-réanimateur. Ils parviennent à cumuler des congés pour s’offrir quelques escapades cyclistes de temps en temps. Ils ont ainsi déjà fait une belle traversée de la Turquie au Népal. Ils voyagent en mode bike pack, c’est-à-dire très léger et le faible volume de leurs sacoches fait passer les miennes pour de grosses valises de soute.
Le menu du jour prévoit donc le passage du col Ak Baital, qui, avec ses 4.655 mètres, vaut à la Pamir Highway le titre de deuxième autoroute la plus haute du monde après celle de Karakorum, au Pakistan. C’est mon graal, mon summum, mon juge de paix, comme diraient les commentateurs du Tour de France. Un peu vexé de n’avoir fait Kargush qu’en partie, je suis bien décidé à franchir celui-ci en beauté.
Je n’aurai guère de mérite à le faire car Ak Baital est ce que j’appellerais un col facile. Depuis notre point de bivouac, il ne reste plus que 300 m de dénivelé à grimper sur environ 5 km. Et comme le revêtement est tout à fait honnête, la véritable difficulté ne se présente que sur le tout dernier kilomètre marqué par quelques bosses bien senties. Malgré les bonbons au chocolat offerts par Daniel le berger, je suis contraint de faire plusieurs pauses pour faire baisser mon rythme cardiaque et retrouver mon souffle. Marion et Sébastien, arrivés en haut avant moi, m’encouragent pour les derniers hectomètres, accompagnés par deux Anglais survoltés qui m’offrent un sablé au chocolat à mon arrivée. Je l’ai fait, j’ai franchi mon Everest à moi, ce col qui me faisait fantasmer depuis des années.
Évidemment, on prend le temps de savourer ce moment, on se prend en photo mutuellement, on admire le splendide paysage de la vallée qui s’ouvre devant nous. Un beau moment de partage.
La descente à peine entamée, on tombe sur un couple de cyclistes qui termine l’ascension de l’autre côté. Les Québécois Agathe et Emmanuel sont en voyage de noces en Asie centrale et pas pressés de rentrer en France où ils vont s’installer après ce périple. On échange des informations sur le parcours, dont bien sûr l’état de la piste. Nous savons donc qu’une vingtaine de kilomètres de « planche à laver » nous attendent avant de retrouver de l’asphalte. Et c’est justement à ce changement de revêtement qu’on fait notre pause déjeuner dans les ruines d’une ancienne ferme qui nous abritent du vent qui se lève, comme chaque jour vers midi.
Sur le bord de route, on voit une longue barrière de barbelés qui délimite une sorte de no man’s land avant la frontière chinoise. Mais au vu des trous dans le dispositif, on peut s’interroger sur l’utilité réelle de cette ligne de démarcation.
Tout heureux de retrouver l’asphalte, on est aussitôt contrarié par le vent qui est vigoureusement contraire au sens de notre déplacement. Résultat, on n’avance pas plus vite que sur la mauvaise piste. A l’initiative de Sébastien, on s’organise comme un petit peloton et on se relaye pour protéger les deux autres du vent. Mis à part une petite portion où le vent nous pousse, ce sont donc 40 kilomètres que nous effectuons à ce régime pour arriver à Karakul vers 17h, tous les trois bien entamés par cet effort et surtout soûlés par cette bise glaciale.
Pour l’hébergement, on n’a que l’embarras du choix entre les nombreux « home-stay » proposés. On opte pour «Aigerim» qui nous a été recommandé. Nous y sommes très bien reçus et l’allumage du poêle à la bouse de vache apporte une chaleur bienvenue dans la vaste pièce où on nous installe, qui fera office de salle à manger et de chambre commune.
Après un dîner frugal, soupe et gâteaux secs chocolatés, vient l’heure du bain; dans une petite pièce chauffée par un poêle, on pioche dans une bassine d’eau chaude et une d’eau froide pour s’asperger à l’aide d’une casserole. C’est rustique mais efficace et ça fait un bien fou de pouvoir se laver entièrement. Après cela, personne ne demande son reste et l’extinction des feux ne tarde pas.








Eh bien Pascal, tu pourras chanter la chanson de Tina Arena « Aller plus haut », fantasmagorique ce paysage, tu peux te coucher le soir et trouver les 3 bonnes raisons qui ont illuminé ta journée.
Odile
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félicitations mon tonton pour ce beau voyage et cette ascension de l everest
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Bravo à toi Pascal pour ce merveilleux périple et les tres belles photos qui l accompagne
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Bravo Pascal et chapeau bas !
Quelle belle réussite avec supporters en prime.
Nous t’envoyons un boujou normand de la chaussée des géants (une merveille géologique) d’Irlande du Nord.
Bonne poursuite de ton périple.
Michel et Liliane
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C’est pas le Mont Ventoux ton Everest😅… Bravo cousin… On est impressionné avec maman… Je viens de prendre la suite de Marthe pour lui lire ton blog 😅…
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Ton aventure est extraordinaire !!! Des expériences et des rencontres inoubliables dans des paysages aussi grandioses !!!! BRAVO!!!!!!
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Presque le Mont Blanc au bout des pédales!!! Bravo!
Thierry B
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bravo Pascal!!! Et avec des supporters c’est encore mieux 😀
Bisous
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4655m ce n est pas rien grand bravo à toi Pascal
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Bravo pour le franchissement de ton Everest ! avec ds supporters pour partager en plus ! Bisous. Fanny
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félicitations d’avoir atteint ton objectif, la suite va te paraître facile 😜
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bravo bravo !! Enfin ton rêve réalisé !
plus de regrets tu l’as fait. Profites bien et vive Damart 😉😘
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Toujours plus haut !
Encore bravo et merci pour le feuilleton passionnant
Guy
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Chapeau Monsieur ! Tu as géré ton aventure avec maestria, hormis la gamelle dans la crevasse qu’on mettra sur le compte de l’enthousiasme du moment. Merci pour ces nouvelles très fraîches attendues avec impatience. I. Ferrand
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