Murghab-Rangkul, 46 Km.
Tout près de la Chine.
Au réveil, le vent est totalement tombé, ce qui me fait un moment douter de ma décision. Mais pas question de changer d’avis, je file vers le nord.
Au petit déjeuner, je retrouve Pierre-Laurent, aperçu hier soir. Psychologue à Lyon, il mis un terme à son contrat avec l’hôpital et fermé son cabinet libéral pour partir sur les routes et les pistes. Après la Turquie, l’Arménie et l’Iran, le voici qui traverse le Tadjikistan pour aller au Kirghizistan, puis en Mongolie. Destination finale : Vladivostok. On échange nos impressions, il me parle longuement de l’Iran qu’il a adoré et pour finir je lui donne une adresse de garagiste à Osch, là où j’ai fait réparer Colibri en 2022.
Avant de prendre la route, je fais quelques provisions alimentaires, le plein d’eau à une pompe publique et enfin le plein d’essence pour le réchaud. Je devrais ainsi être autonome pour les quatre ou cinq jours à venir.
La bonne surprise est l’état de la Pamir Highway à la sortie de Murghab et bien au-delà des dix kilomètres qu’on m’avait annoncés. En fait elle est parfaite jusqu’à ce que je la quitte pour me diriger vers Rangkul, mon objectif du jour. Autant dire que je me régale sur ces 25 kilomètres, surtout que, dimanche oblige, le trafic est quasi nul. Je suis quand même dépassé par une petite Lada qui s’arrête à ma hauteur pour savoir si je me dirige vers le col d’Ak Baital. Et le conducteur de m’indiquer qu’il habite dans le haut de la montée et que je pourrai m’arrêter boire le thé. Ça peut servir…
La piste qui mène à Rangkul est plutôt bonne hormis les trois premiers kilomètres. Je me fixe le kilomètre 40 pour faire la pause déjeuner. Et cela tombe bien car au kilomètre 40 j’atteins juste le premier des deux lacs, Shorkul. Petit, de forme ronde, il est sympa mais sans plus. Le casse-croûte avalé, je file donc vers le second, Rangkul, distant de quelques kilomètres seulement. Celui-ci est de forme allongée d’est en ouest, beaucoup plus majestueux et entouré de jolis monts. A l’est, des sommets enneigés à plus de 5.000 mètres sont en Chine. Je longe toute sa rive sud pour l’admirer, puis je reviens en arrière pour trouver un coin de bivouac. De toute façon, il ne sert à rien d’aller plus loin, le village de Rangkul, situé à dix kilomètres, marque le début de la zone interdite aux étrangers à cause de la proximité de la frontière chinoise.
Je m’installe sur un petit promontoire qui domine le lac de quelques mètres. La terre est curieusement craquelée et marquée par des sortes de crevasses dont l’une nous sera fatale à Colibri et moi puisque on s’y effondre en voulant la traverser. Encore un petit bobo à la jambe qui va nécessiter un bon nettoyage et une désinfection. Pour le nettoyage, pas de soucis, l’eau du lac est là pour m’accueillir. Elle n’est d’ailleurs pas si froide et je suis tenté par un bain, mais je me contente d’une bonne toilette. J’apprécie au passage l’absence totale de vent, ce qui me change des jours précédents et qui renforce le silence autour du lac, à peine perturbé par les cris de rares oiseaux.
Je me mets ensuite au bricolage car j’ai cassé une des pattes du trépied qui me permet de me filmer. Et un trépied à deux pieds, ça ne tient pas debout ! Mon rafistolage n’est pas très convaincant et je me demande si je vais encore pouvoir l’utiliser. Vers 17h, le vent se lève, je décide donc de ne pas m’attarder. Je fais une popote lyophilisée, un yaourt et au lit. Il est à peine 18h quand je me glisse dans le duvet. Et je n’ai plus rien à lire puisque j’ai terminé mon bouquin hier soir et je l’ai laissé à l’hôtel Pamir. J’ai quand même téléchargé quelques ouvrages sur mon téléphone, mais le plaisir n’est pas le même.









Punaise, on a une photo du type qui répare le truc qui lui permet de se prendre en photo. 🤯
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hello Pascal bien content de te retrouver à nouveau avec ces beaux paysages, c’est un reel dépaysement que tu partages avec tes lectrices et lecteurs, merci Franck
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