Bibi Fotima- Langhar, 52 Km.
Je ne manque plus d’air.
Quelle bonne nuit sous les étoiles ! Le matériel vestimentaire s’est avéré performant et, loin d’avoir froid, j’ai même transpiré dans le duvet. C’est de bon augure pour la suite. J’ai même rêvé que j’allais voir Jacques Chirac chez lui pour lui demander de m’investir comme candidat d’un front républicain…
À 6h, je suis le premier et le seul client des sources chaudes, ce qui me permet d’en profiter au maximum et de faire des photos et vidéos. Comme hier, il me faut quelques instants avant de parvenir à me mettre entièrement dans l’eau à 43 degrés mais ensuite c’est un vrai plaisir, et un grand délassement. À la sortie, Zorro, c’est le nom du gardien, m’offre un thé que j’accompagne avec du pain, du miel et des gaufrettes pour en faire mon petit déjeuner. Il me faut ensuite redescendre les 7 km de chemin en passant à côté de la forteresse de Yamshum.
De retour sur la route, je retrouve hélas les mêmes conditions de circulation qu’hier, c’est-à-dire une alternance de cailloux, de sable et de tôle ondulée. Je ne reviens pas sur le sujet car il n’y a rien de neuf par rapport à hier. Ce qui est dommage c’est que je me sens en pleine forme, capable d’aligner des kilomètres et monter des côtes sans problème. Mais avec ce terrain dégradé tout devient compliqué et j’avance deux fois moins vite que sur un bon revêtement.
Heureusement, cette route est émaillée de sites à visiter. C’est ainsi que je m’arrête à un endroit indiqué calendrier de pierre. En fait il s’agit d’un musée des traditions de la vallée de Wakhan. J’ai la chance d’arriver en même temps qu’une famille polonaise, si bien que j’ai droit à la visite guidée. Je retrouve la maison traditionnelle pamiri, dont j’apprends qu’elle comporte aussi des éléments symboliques liés au zoroastrisme, la religion qui prévalait dans le pays avant l’arrivée de l’islam au huitième siècle. Le guide nous montre sa collection d’outils agraires et de parchemins enluminés. Et on a aussi droit à un petit concert de musique sur des instruments traditionnels anciens, utilisés notamment par les soufis, nombreux dans la région.
Dans le village de Vnukut, je m’arrête à un lieu sacré, un ermitage de Chilmurids. Ce sont quarante ermites itinérants qui consacraient leur vie à aider les nécessiteux en intercédant avec Allah. Leurs lieux de passage sont considérés comme sacrés, même si rien ne les signale vraiment, hormis des cornes de moutons Marco Polo disposés sur le mur et sur un tronc d’arbre.
A Vrang, je sais que je joue ma dernière carte pour acheter une pompe. Le premier magasin n’en dispose pas, mais on m’indique une autre boutique. Hélas, celle-ci est fermée. Décidé à attendre la réouverture, je m’assieds devant et j’explique ma recherche à une bande de gamins curieux. L’un d’eux file et revient avec une pompe qu’il accepte de me vendre. On l’essaie sur la chambre à air crevée, elle fonctionne. Je ne négocie pas le prix qu’il demande, 100 somoni, soit à peine 10€, une petite fortune pour lui, un cadeau du ciel pour moi. Je repars tout guilleret et une charge mentale en moins. Désormais, les gros cailloux pointus me font moins peur…
A la sortie du village, je renonce à monter au temple bouddhiste annoncé, qui n’est en fait qu’une vaste ruine qu’on aperçoit de la route.
Les derniers kilomètres jusqu’à Langhar me paraissent interminables tant la piste est défoncée. Quand j’y arrive, c’est pour constater qu’il n’y a aucune banque, alors que je pensais faire un retrait par sécurité. En revanche il y a une épicerie où je vais pouvoir faire des provisions avant de traverser une zone de plus de 100 kilomètres sans aucun commerce.
Du fait de sa position géographique au carrefour de deux vallées et au pied d’un col, Langhar sait ce que touriste veut dire. A mon passage, plusieurs gars me proposent un hébergement. J’accepte une proposition tente + dîner et petit déjeuner. Dès la tente installée, je me jette sous la douche pour un décrassage en règle. Grâce à un réservoir fixé sur le toit du bâtiment, l’eau est presque tiède. Ensuite, je prends le temps de réparer ma chambre à air; maintenant que j’ai une pompe !
Le dîner est la copie conforme de celui de chez Nazar : pâtes et patates cuites dans la graisse, agrémentées de deux œufs au plat; roboratif et un chouïa écœurant. Et c’est au son du torrent qui coule au pied de ma tente que je me glisse avec délice dans mon duvet.
Attention, je n’aurai sans doute pas de réseau les deux ou trois prochains jours. Les nouvelles risquent d’être rares.











Enfin un petit moment pour lire tes aventures. Je me régale toujours autant !! Je me vois déjà dans ces sources chaudes, un vrai bonheur … mais quel courage pour affronter ces routes ou chemins !! chapeau bas Pascal. Bisous. Vaïana
J’aimeJ’aime
Coucou Pascal
j’espère que mes pensées positives et mes encouragements pour ton superbe voyage vont enfin te parvenir 😉bravo et bon courage 😁
J’aimeJ’aime
Ton message m’est bien parvenu. Bravo pour ta persévérance, je sais que c’est un peu compliqué parfois.
J’aimeJ’aime
Salut 👋 Pascal,
Je prends ton aventure avec un peu de retard. Toujours aussi magnifique . Merci de nous faire partager ça. Force à toi et profite à 100%
Jérôme.B
J’aimeJ’aime
Bonjour Pascal,
encore une expérience pleine de découvertes fortes mais quel courage et quelle énergie pour arriver au bout de ton rêve.
Merci pour ces belles photos et ces commentaires très complets.
Bon courage pour la suite et tu n’en manques pas.
J’aimeJ’aime
Salut 👋 Pascal,
Du retard à l’allumage pour ce nouveau livre de chevet 2024 . Vraiment encore une fois je me crois en Voyage en Terre Inconnu . Un super texte et de magnifique photos . Merci pour ton partage .Force 💪à toi .
Jérôme.B
J’aimeJ’aime
Merci , fidèle Jérôme !
J’aimeJ’aime
Salut 👋 Pascal,
Du retard au démarrage pour moi pour ce nouveau livre de chevet 2024. Encore une fois quelle plaisir de te lire , admirer tes photos, s’évader , voyager , etc…. . . Vraiment je me crois en Terre Inconnue . Merci pour ton partage . Force à toi et admiration. Profite à 100% .
Jérôme.B
J’aimeJ’aime
En attendant de retrouver notre Globe-Trotter, savez vous quelle différence il y a entre les routes du Tadjikistan et nos belles « Rouges des Près » du bocage Sarthois.
Réponse; Il n’y en a pas, toutes les deux « ont du lait ». (je sais, il est tard)
J’aimeJ’aime
🤣
J’aimeJ’aime
oui 10€ la pompe, au regard des routes, c’est cool, sinon les bains chaud fond envie, envoie tes commentaires dès que tu pourras tu vas nous manquer bonne route
J’aimeJ’aime
Après qqes jours d’arrêt je reprends mon livre de lecture ! Chaque jour m’apporte son lot de plaisir et de curiosité partagé avec Alain bien sûr. J’ai bcp aimé les anecdotes concernant le prix de ta pension revu à la hausse par ton hôte et la vente de sa pompe à vélo par le gamin. Je vois que le capitalisme gagne du terrain !! A l’occasion ce serait bien si tu rapportais dans les sacoches de colibri un peu de chaleur qui nous manque tant ici. Bisous rennais
J’aimeJ’aime
Organisation, minutieuse préparation, performance physique, courage, persévérance, débrouillardise, maîtrise des TIC…: ADMIRATION !
Merci de nous faire partager ton périple avec ces magnifiques photos et tes comptes-rendus quotidiens dans ce style alerte non dénué d’humour, qui sont chaque soir un vrai plaisir.
Bon, si faute de connexion il faudra ces quelques prochains jours attendre un peu, on se rattrapera avec plusieurs épisodes un soir prochain.
Bon courage pour le prochain grand col.
J’aimeJ’aime
Merci, grand frère. Quand tu cesses de procrastiner, ça se voit !
J’aimeJ’aime
Zorro et Chirac dans une même journée, joli score !
J’aimeJ’aime
De belles rencontres, je vous dis…
J’aimeJ’aime
Heureux de suivre à nouveau tes péripéties avec alternances de bons et de mauvais moments.
J’aimeJ’aime
Merci !
J’aimeJ’aime
il faut en vouloir pour rouler dans ces conditions. Quel courage . Barbara
J’aimeJ’aime
bon courage sur les routes chaotiques
Nelly
J’aimeJ’aime