Udit-Bibi Fotima, 44 Km.
Entre deux bains chauds.
Dès 5 h, ça bouge dans la maisonnée. Comme je suis dans l’entrée, j’assiste aux passages vers les toilettes. Alors, autant me lever. Je prends mon petit déjeuner auprès des deux frangins qui dorment encore. Mais quand ils se réveillent, ça repart sur les chapeaux de roues avec leurs questions et leurs blagues. Bien entendu, le chargement de Colibri est suivi et commenté avec beaucoup d’intérêt et le départ est salué par des rafales de « good bye » !
Et me voilà reparti dans cette vallée qui doit m’amener dans deux jours dans le col de Kargush, une des plus grosses difficultés du voyage. Langhar, le pied du col est à 90 kilomètres, et je me dis que bien fâché, je peux y être ce soir.
Les 20 premiers kilomètres me confortent dans cette idée car la route est bonne. Mais ça va se gâter ; non seulement la route s’éloigne de la rivière et monte vigoureusement, mais surtout, toute trace de bitume disparaît, remplacé par de la caillasse, de la tôle ondulée, voire du sable. Cela devient vite très pénible et je mets pied à terre à plusieurs reprises pour franchir les parties les plus difficiles. Quelques jurons bien sentis viennent ponctuer mes blocages de roues dans le sable ou les parties de tôle ondulée qui me secouent comme un prunier.
Un casse-croûte suivi d’une petite sieste à l’ombre me remettent d’aplomb pour un moment, mais cette sensation de ne pas avancer malgré mes efforts me minent le moral.
Après 25 kilomètres de ce traitement, je parviens à l’embranchement de la route qui mène aux sources chaudes de Bibi-Fotima, que je me suis promis de visiter. J’enquille donc la route en question, mais je ne vais pas bien loin. La pente est si raide et la piste si mauvaise que je reste cloué sur place. C’est mission impossible. Je pousse le vélo sur 200 mètres, mais même ça, je n’y arrive pas. Et il y a six kilomètres à faire. Une seule solution, l’auto-stop, un sport national ici, très pratiqué par toutes les catégories de population.
La première voiture qui passe, un gros 4×4, s’arrête. C’est un professionnel du transport de touristes; après une brève négociation, le gars accepte de m’emmener, et voilà de nouveau Colibri sur le toit d’un véhicule. La montée est impressionnante, on monte de 500 mètres sur six kilomètres et le conducteur passe rarement la seconde sur les caillasses qui se dérobent.
La source chaude de Bibi-Fotima est réputée dans toute l’Asie centrale pour ses vertus thérapeutiques, spécialement sur l’appareil digestif. Mais les femmes viennent aussi s’y baigner pour favoriser leur fertilité. Plus prosaïquement, les habitants de la région viennent savourer les plaisirs d’un sauna naturel. Plusieurs légendes courent sur la création de cette source, toutes liées à Fatima (ou Fotima), la fille du prophète Mahomet. Cela en fait aussi un lieu de pèlerinage pour les musulmans.
A mon arrivée, personne ne m’accueille. Comme je sais que hommes et femmes sont séparés, je me fais tout petit (c’est pas dur) et je me mets dans les pas d’un monsieur, afin de ne pas commettre d’impair. Dans le vestiaire, je constate que le maillot de bain est superflu, aussi est-ce nu comme un ver que je plonge dans le bassin d’eau chaude. Très chaude, au point que j’ai du mal à y entrer entièrement, mais après quelques minutes d’acclimatation, je m’y plonge avec un certain plaisir. Au fil des minutes, j’apprécie de plus en plus cette chaleur qui m’enveloppe, cela me détend… et me nettoie. Le jet qui tombe du plafond m’offre en prime un bon massage de nuque bienvenu.
Malgré cet agréable moment, je reste un peu sur ma faim car je n’ai eu droit qu’au bassin en béton, bien peu esthétique. Il existe un autre bassin, formé naturellement par les concrétions issues du ruissellement de l’eau. L’accès y est réservé à un sexe un jour sur deux, et aujourd’hui c’est le tour des femmes; pas de chance. Alors, en sortant je traîne un peu près du bureau du gardien, qui finit par venir me réclamer les 20 somoni (2€) que je n’avais pas payés en arrivant. J’en profite pour me renseigner. La bascule aura lieu demain matin à 5h. Être venu de si loin pour ne pas voir la belle partie du site, c’est trop bête. Du coup je décide de rester sur place pour aller me baigner à la première heure. Reste à trouver un coin de bivouac; le gardien me propose sa terrasse en béton. Pas pratique pour planter les piquets, mais suffisant pour une nuit à la belle étoile. Le temps de monter le matériel en haut et je m’aménage un petit coin en espérant que le vent finisse par tomber. On va savoir si Damart tient ses promesses.
Les va et vient se succèdent à l’entrée, surtout des locaux et majoritairement des femmes de tous âges. Mais il y aussi des étrangers, dont un groupe d’Allemands de Cologne avec qui je discute longuement. Hasard, ils étaient aussi au Kirghizistan en 2022. Le gardien m’offre un café (ça change du thé) et une prise de courant pour recharger mon téléphone.










merci pour ces beaux articles et belles photos. Bon courage à Toi et Colibri. Barbara
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décidément c’est la fête du slip ou plutôt du sans slip 😉 depuis quelques jours ! Anne Laure
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🤣
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🤣🤣🤣 effectivement ton père est détendu du string 🤣
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Vielen Dank für jeden Tag der Reise. Du schaffst es hervorragend, mich als Leser mit auf die Reise zu nehmen. Vielen Dank auch für die Fotos die den Text wunderbar ergänzen. Weiter so und liebe Grüße aus Bückeburg, Ekkehard Thomas.
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Danke, Ekkehard. Ich freue mich, dass es dir spass macht.
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c est toujours un plaisir de lire tes articles et les photos sont superbes. Bon courage à Toi et Colibri . Barbara
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Merci Barbara !
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toujours pas de pompe? Avec ces chemins caillouteux je tremble pour toi,
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Moi aussi, c’est devenu une obsession. Dernière chance aujourd’hui à Vrang.
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Super bivouac tout confort… Bonne source chaude demain, tout nu et tout bronzé… Bisous, cousin…
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Ah, ça change des bains en Bretagne 😜
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Carrément. L’eau a 43 degrés, c’est rare à Lorient !
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Après une bonne nuit, un bain demain aux aurores dans les sources chaudes et tu montes sans problème au col de l’argush.
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Ça peut aider, en effet. Mais de là à monter sans problème…
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Petite question : si vous êtes nus dans le bassin naturel, on n’aura peut-être pas de photos demain ?😄
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Ah ah ! Suspense…
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