Okteppa-Istarvashan, 65 Km.
Et trois vodkas, trois !
A 6h, ça bouge dans la boutique. Trois jeunes filles chargées du ménage s’activent pour remettre les lieux en état. De mon côté, je ne perds pas de temps pour boucler les sacoches et harnacher de nouveau Colibri. Après avoir laissé quelques cadeaux souvenirs de Sablé, je reprends la route avant 7h, salué par les deux jeunes filles.
Très vite, je sens que je dois m’arrêter pour prendre un petit déjeuner car les deux chachliks d’hier soir sont largement digérés et ne suffisent pas à alimenter la machine. C’est sur un petit chemin adjacent à la route que je fais mijoter mon café et que je mange du pain, un korot et une banane, distribuant au passage du pain sec aux ânes et aux vaches qui me regardent manger.
Je retrouve ainsi un peu de vigueur pour affronter cette route, toujours aussi rectiligne et en léger faux plat montant. Ce pensum ne sera interrompu que par quelques épisodes agréables, tels que la rencontre avec une équipe de marchands de pastèques qui attendent leurs clients. À l’ombre des petits pick-up Hyundai, on partage une pastèque bien mûre et on se prend en photo mutuellement. Et puis il y a la course à la flotte; chaque point d’eau repéré sur le bord de route me permet de m’asperger abondamment et, quand la source est fiable, de remplir mes bidons. Dans les deux cas l’effet est de courte durée; la casquette et le t-shirt trempés sèchent en cinq minutes. Quant aux bidons, ils sont rapidement vidés pour étancher ma soif. Je pense que je bois plus de dix litres par jour.
Arrivé à Istaravshan, je me précipite dans un restaurant. Après avoir déjeuné en regardant des combats de MMA d’un œil distrait et dégoûté, je demande le chemin de la vieille ville. Avec bien du mal j’obtiens l’adresse d’un ensemble religieux que je visite sans être certain d’avoir vu le site le plus intéressant de cette ville qui revendique ses 2.500 ans d’existence. Mais faute de centre-ville et d’indications, il est bien difficile de s’y retrouver. Dommage car il me semble que cette cité qui fut autrefois très réputée pour la qualité de son artisanat doit receler quelques monuments intéressants, même si elle a été entièrement rasée par Genghis Kahn au 13ème siècle.
Pour info, je n’ai vu aucun panneau de signalisation depuis Khodjent. A chaque carrefour, je dois vérifier la bonne direction sur mon GPS. Quant à la mise en valeur des sites historiques, elle n’est visiblement pas à l’ordre du jour.
Dans un tout autre genre, j’ai repéré à proximité un monument spectaculaire à la gloire de Lénine. Comme il est situé sur la rive d’un lac, je me dis que je peux faire d’un détour deux coups : visiter et bivouaquer au bord de l’eau. La première partie du projet mérite à elle seule le détour. Le buste hiératique du père de la Révolution mesure au moins 15 mètres de haut et 20 mètres de long. Comme toujours, sa main tendue montre le chemin à suivre. Cette fois elle est orientée vers l’ouest, ce qui pourrait être interprété comme une menace…
En revanche, j’abandonne vite l’idée de camper au bord du lac, dont les rives sont soit abruptes, soit desséchées. Je me rabats donc sur les jolis petits jardins bien arborés aperçus sur mon passage à l’aller. J’en choisis un particulièrement bien ombragé et je me présente au propriétaire, allongé sur un châlit avec un copain, très occupés à grignoter en sirotant de la vodka. Je suis aussitôt invité à me joindre à eux, y compris pour la vodka. Mon refus initial ne résiste pas longtemps à l’insistance des deux compères et en moins de dix minutes je contribue à finir la bouteille, réussissant ainsi brillamment le rite initiatique préalable à toute discussion. Le buffet improvisé se garnit de tomates, courgettes, oignons, saucisson et autres morceaux de viande bien gras.
Pendu au téléphone, mon hôte, qui s’appelle Kadir, rameute toutes ses connaissances pour leur annoncer ma présence. Ce qui provoque l’arrivée de son frère Hamza et de son neveu Said. Ce dernier m’appuie dans mon refus de participer à l’attaque de la deuxième bouteille, que les deux frangins, visiblement très complices, liquideront sans sourciller. Kadir me passe ensuite sur son téléphone sa fille Dorchka, ex-journaliste expatriée, qui vit désormais à Tours. L’échange est chaleureux et elle en profite gentiment pour me demander si j’ai besoin de quelque chose en particulier. Quant à la maman, claquemurée dans la maison, je ne ferai que l’apercevoir par la fenêtre, sans qu’aucun contact ne soit établi.
Vers 19h, il me propose une chambre, me montre les toilettes, mais pas de point d’eau pour me laver. C’est donc avec un peu d’eau minérale que je fais une toilette de chat avant de me coucher.
MON IMAGE







Paragraphes…

bonjour Pacal,
quel plaisir de retrouver tes nouvelles aventures, nous apprécions les images et le récit toujours aussi captivant.
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Bravo et Merci de nous faire partager cette aventure humaine ! Bon courage et merci pour ces nouvelles quotidiennes !
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😏
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Coucou Pascal. On reprend nos bonnes habitudes de lecture du soir. Pendant que tu souffres de chaleur nous on se régale de tes commentaires. Bon courage frérot. Bisous
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Merci sœurette olympique !
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Impressionnante, cette statue de Lénine !
Pas trop mal à la tête avec la vodka ?
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Salut Julie ! Non, même pas mal( elle ne titrait que 32 degrés, une misère).
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Coucou Pascal Déjà en si peu de jours,… et tant de choses à raconter. Quelle belle aventure !Je pense que si les triporteurs se mobilisent pour nettoyer quelques zones insalubres, je vais reprendre une cotisation.Attention à ne pas boire trop de vodka : ce n’est pas compatible avec le cyclisme et Colibri ne va pas apprécier En tous cas, c’est un réel plaisir de te lire et un énorme merci pour ce partage .Bonne routeAmitiés Philippe
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S’il faut venir au Tadjikistan pour faire des recrues…
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Bonjour Pascal, On te savait fort et courageux mais, à ce point là, chapeau bas, c’est impressionnant ce que tu fais ! Et puis, on apprend plein de choses en te suivant, même qu’il faut dégonfler les pneus pendant les vols. Egalement qu’il n’y a que des tondeuses à cheveux dans ce pays, nous pensions pourtant que la plupart des hommes y portent la barbe Mais, à propos de l’incertitude lors du passage d’une frontière, on a du mal à te croire quand tu parles d’erreur de . . . »débutant ». Bonne aventure, on te suit et pédalons avec toi !
Any et Michel
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Bonjour les amis « de Croatie ». Ici, peu d’hommes portent la barbe, mais j’imagine qu’ils se rasent chez eux et ils ont drôlement raison !
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Bonjour Pascal
Quel plaisir de vous suivre sur ce nouveau périple, passionnant dès les 1ers coups de pédale !!!
Bonne continuation à vous dans cette belle aventure.
Au plaisir de se revoir à Aigné 😉
Marie-Claude et les bénévoles de la bibliothèque d’Aigné
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Merci, l’équipe d’Aigné; je serai ravi de revenir si cela vous fait plaisir.
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Bonjour Pascal, eh bien tu as vu une statue plus grande que toutes celles de la Vallée des Saints… Quant à ton hydratation, bravo tu as dépassé ta consommation quotidienne, impressionnant. Notre rendez-vous avec toi est quotidien. Nous te souhaitons une bonne continuation puisque le début ensoleille ton aventure et tu émerveille tes lecteurs et lectrices. Merci pour ces bons moments. Au plaisir de te lire encore. Avec toutes nos amitiés. Odile et Claude
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Merci pour votre fidélité !
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un vrai plaisir de lire un épisode chaque jour et nous faire découvrir ce voyage
Merci et bonne aventure
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