C’est parti !

Dès l’aéroport de Roissy, première rencontre avec des Ouzbeks, en l’occurrence deux athlètes de retour des JO, une boxeuse et une taikwendiste (orthographe non garantie…)

Jour 1, mercredi 14 août

Tashkent – Karzink, 60 Km.

Vous avez dit échauffement ?

Voilà une première journée que je n’oublierai pas de si tôt. Si j’avais mis trois jours pour quitter Bichkek en 2022, cette fois je n’ai rien vu de Tachkent où j’ai atterri ce matin. Comme l’aéroport est situé au sud de la ville, je n’ai pas eu à traverser la capitale de l’Ouzbékistan pour prendre la direction du Tadjikistan. comme convenu, Ismael m’attendait à la sortie de l’aéroport. Mais contrairement à ce que je pensais, il ne m’emmène pas chez lui avec colibri dans son carton. Je dois déballer et remonter le vélo sur le parking de l’aéroport sous les yeux ébahis d’une bonne dizaine de chauffeurs de taxis. Ismaël emporte ensuite le carton chez lui et il me le rapportera le 4 octobre. Il me tire la une sacrée épine du pied, en m’évitant de courir à droite à gauche pour récupérer un nouveau carton pour le retour. J’apprécie ce geste de la part de celui qui fut notre guide érudit et plein d’humour pour les visites de Samarcande, Boukhara et Khiva en 2022.

Pour que les opérations de bricolage ne s’éternisent pas, j’écourte les serrages de boulons et les réglages. il faudra revoir tout ça sérieusement ce soir pour sécuriser le montage. Déjà la selle tourne quand je bouge… 

C’est donc très attentif aux réactions de Colibri que je m’engage sur les boulevards circulaires à la recherche d’un garage pour regonfler les pneus qui devaient être dégonflés pour le vol. Après deux refus, le troisième sera le bon. Gonflé à bloc, 4 bars à l’avant comme à l’arrière, j’entreprends de quitter les faubourgs de cette ville qui compte pas moins de 2,5 millions d’habitants. Cela passe naturellement par des sortes d’autoroutes, chargées d’un trafic intense, pas très adaptées aux circulations douces. Et comme la route qui plonge vers le sud en direction du Tadjikistan est du même style, je vais passer la journée entière sur des routes à grande circulation.

Ce serait supportable s’il n’y avait le soleil qui tape de plus en plus fort au fil de la journée. Vers 11h, je profite de la présence d’un petit canal d’irrigation le long de la route pour faire une première pause fraîcheur et manger un morceau. Le t-shirt entièrement plongé dans l’eau est renfilé mouillé mais l’effet fraîcheur ne durera pas longtemps. 

Au fil des kilomètres je me sens monter en température. Combiné avec la toute petite nuit dans l’avion,  cela m’amène à un état de fatigue avancée. 

Parvenu à une zone humide, je décide de m’y poser, au moins pour faire la sieste. Après avoir tenté sans succès de me mouiller dans une rivière inaccessible à cause des rives boueuses, je m’allonge à l’ombre et m’endors. Combien de temps ? Je ne sais pas car à mon réveil, le téléphone est déchargé. J’ai beau brancher le panneau solaire, rien n’y fait et pourtant, il tape le Phoebus ! En repartant, je trouve un accès praticable à la rivière et je me trempe presque entièrement avant de reprendre la route, toujours plein sud, soleil bien en face. Il fait plus de 40 degrés à l’ombre, mais il n’y a pas d’ombre. Combien sur le bitume ? J’ignore mais c’est dantesque.

Je parviens à faire encore une vingtaine de kilomètres dans ces conditions, avec un mal de tête qui devient lancinant. Je pense que j’ai aussi besoin de manger. Un petit restaurant de plein air dans un carrefour me permet de déguster mes premiers chachliks. Un jeune client me propose de les arroser de vodka qu’il consomme à grande vitesse. Alors que je décline poliment, je sens une certaine incompréhension chez lui.

Ainsi requinqué, je me mets en recherche d’un coin de bivouac. La région est très agricole et tous les champs sont cultivés, ce qui ne m’arrange pas. Je choisis de sortir de la route principale et de m’engager dans un petit hameau. Aux deux autochtones qui me regardent avec intérêt, j’explique ma requête. Après une courte hésitation, l’un d’eux m’indique l’entrée de sa maison et me voila invité chez Ziot . Sa femme travaillant à Tachkent, il vit seul ici et partage son temps entre la culture de son lopin de terre, l’élevage de quelques animaux de bétail et l’agrandissement de la maison. 

Le thé agrémenté de fruits et de pain beurré fait office de dîner. Pour la toilette, c’est dans le seau à la pompe et pour le lit c’est trois tapis sur le sol de sa chambre surchauffée. Si les crampes aux cuisses me laissent tranquille, je vais m’endormir pendant qu’il regarde un série policière…

Colibri fait le spectacle.
Partageons la route.
Rafraîchissement provisoire.
Les adorables serveurs du restaurant de plein air.
Ziot partage la pastèque.


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6 réflexions sur “C’est parti !

  1. Bonjour Mr Coconier

    je me présente : je suis le papa de Tony

    à qui vous avez appris à nager à Besse sur Braye en tant que maître nageur pendant les vacances d’été ( dans votre jeunesse et donc la nôtre également ! )

    Merci pour cette trace écrite détaillée de

    ce magnifique voyage .

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  2. Coucou Pascal

    C’est bon l’abonnement est pris pour le suivi,. Que de richesses déjà en quelques jours! Merci pour la précision des détails du récit qui nous permettent de partager ces si belles expériences!

    Bon courage à toi

    Nelly et JyJy

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  3. Bonjour Pascal

    Ça y est tu es reparti pour un sacré périple que nous allons suivre avec grand intérêt! Merci pour ton partage, tu nous fais voyager une fois de plus avec toi! Bonne route et bonnes rencontres à venir. Belle journée

    Karine et Antoine

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