Dimanche 4 septembre, Marguilan -Rishtan, 50 Km.

Soie le matin, céramique l’après-midi.

Le petit-déjeuner dans le jardin avec Kakhhorali et son frère est un moment agréable. Je suis étonné quand mon hôte me demande mon programme de la journée. J’avais compris que Ali devait m’emmener visiter une fabrique de vêtements en soie. Mais Kakhhorali me dit qu’il est parti dans une autre région pour ses affaires ce matin de bonheur. J’ai dû mal comprendre. Voyant ma déception, les deux frères discutent ensemble et finalement on part en voiture pour une destination inconnue. Après quelques kilomètres, nous arrivons devant un grand bâtiment intitulé marché international de la soie. La gérante nous accueille et nous fait visiter le sous-sol où sont installés une centaine de métiers à tisser. Mais comme on est dimanche, une dizaine seulement sont en activité. Cela me suffit pour avoir un aperçu du travail effectué. Les femmes de cet atelier ont un savoir-faire incroyable, je me demande comment elles arrivent à coordonner les mouvements de leurs mains et de leurs pieds pour obtenir le tissu souhaité. En effet, non seulement elles doivent passer la navette pour poser le fil de trame, mais elles activent en même temps avec les pieds une sorte de clavier dont l’utilité m’échappe. C’est impressionnant. Le résultat est tout aussi remarquable car les tissus ainsi fabriqués sont de toute beauté. Certains sont 100% en soie, d’autres en mélange soie et coton dans des proportions variables. Les couleurs et les motifs sont variés, souvent contemporains mais toujours inspirés de motifs traditionnels. Ces tissus , d’une largeur maximum de 60 cm sont vendus dans le magasin attenant, ainsi que des vêtements et des sacs à main réalisés avec ces tissus.

On essaie ensuite de visiter d’autres ateliers, mais tous sont fermés. Du coup, Kakhhorali m’emmène rendre visite à des amis. On passe un moment à siroter du thé et grignoter du raisin aux côtés du patriarche grabataire. Du coup, il est 11h quand on rentre et que je quitte mon hôte qui m’aura finalement permis de voir ce que j’étais venu visiter à Marguilan, capitale de la soie.

Cette fois, j’ai complètement récupéré et le coup de pédale est bien plus dynamique qu’hier. Sur la route toujours parfaitement plate, je mets le grand plateau et roule facilement à plus de 25 Km/h. Ça fait plaisir !

Après une trentaine de kilomètres, je m’arrête déjeuner dans un restaurant de plein air au bord de la route. J’ai de la chance car il propose un plat unique et c’est justement du plov, exactement ce dont j’avais envie. Le service est assuré par deux gamins délurés et très drôles qui vont d’une table à l’autre pour informer les clients qu’il y a un Français parmi eux.

Quand je repars, la chaleur augmente et je m’arrête fréquemment pour me rafraîchir. Je finis même par tremper mon t.shirt dans un ruisseau et le remettre tout mouillé. A l’occasion d’un de ces arrêts fraîcheur, je découvre qu’une de mes sacoches est ouverte sur toute la hauteur. Une chance que je n’aie rien perdu de son contenu. Je rafistole une fois de plus avec du gros scotch, en maudissant cette marque pourtant très réputée sur le marché des sacoches.

Arrivé à Richtan, l’objectif du jour, je cherche des ateliers de céramique, la spécialité de la ville. Je trouve un peu l’équivalent pour la soie à Marguilan, un centre où sont regroupés une vingtaine de céramistes. Outre leur atelier et leur magasin, ils disposent tous de logements sur place, ce qui leur permet de travailler tout en étant en famille. Une petite moitié des échoppes seulement sont ouvertes, mais je peux quand même en voir plusieurs au travail. Les styles et les techniques sont différents, cela va du traditionnel à la recherche artistique contemporaine , en passant par la fabrication en série de souvenirs tous identiques mais estampillés Samarcande, Boukhara ou même Tadjikistan. Tous m’accueillent avec le sourire et me permettent de les photographier au travail. À la sortie de la ville, je visite un mausolée qui rappelle celui d’hier, mais sans imam ni prière.

Sur la carte j’ai repéré une rivière à quelques kilomètres. Après avoir quitté la grande route, je la suis sur quelques centaines de mètres et je trouve un endroit sympa pour rédiger mon blog et bivouaquer. Il fait tellement chaud que je ne vais pas monter la tente, ce soir ce sera à la belle étoile.

Pour quelques mètres par jour.
Concentration maximum pour coordonner les mains et les pieds.
De fines baguettes de métal sont glissées entre les fils puis retirées à la finition.
Le résultat est magnifique.
Dans les rayons du magasin, c’est un festival de couleurs.
Des sacs à main de charme.
Ces serveurs en herbe m’ont bien fait rire.
Production en série pour les touristes.
Un plat aux couleurs chaudes.
Le coup de pinceau est précis.
Subtiles nuances de gris.
Motif traditionnel.
Ce papa potier reçoit le renfort de son fils.
Une jolie pièce.
Le mausolée al Marginali.
La coupole du mausolée.

5 réflexions sur “Dimanche 4 septembre, Marguilan -Rishtan, 50 Km.

  1. Magnifique l’artisanat ouzbek. !
    Bon, Il est temps de repédaler un peu après avoir fait bombance.
    Bonne route et beaux paysages…et n’oublies pas la crème solaire 😉😘😘

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