Comme dans la chanson de Jacques Dutronc, il y des cactus et il est impossible de s’asseoir, aïe aïe aïe, ouille ! Alors je quitte les lieux sans prendre de petit-déjeuner et avec du matériel tout « plâtré ». Je pressens que cette journée n’aura rien d’excitant avec ses quelque 90 kilomètres de route presque toute droite. En fait, il y aura deux parties distinctes à peu près égales. D’abord, en effet 45 kilomètres rectilignes et plats, puis autant avec des bosses et des virages, le tout avec un vent favorable qui se renforcera au fil de la journée.
Pour supporter ce qui s’annonce comme très ennuyeux, je m’impose des distances minimum. Premier quota, au moins 20 kilomètres avant le petit-déjeuner. Ça tombe bien, le premier village est à 25 bornes. Je me pose face à la mosquée pour grignoter, ce qui me vaut la visite d’un fidèle venu prier. Il m’explique que la mosquée a été construite il y a deux ans pour remplacer l’ancienne, qui est en ruines juste à côté. J’aimerais bien qu’il m’invite à boire le thé, mais non. Je petit-déjeune donc à l’eau car je n’ai pas envie de tout déballer pour faire un café.
Deuxième étape, 45 kilomètres pour faire une pause, et enfin 70 pour le déjeuner, pris sur le bord de la route, à l’ombre car le soleil tape très fort. Je suis passé des 5 degrés du Song-Kul aux 35 d’ici.
Mes seules distractions sur cette route seront les enfants, toujours excités par mon passage. Ils me crient « hello » et tendent leurs bras pour me taper dans la main. Et sans jamais rien réclamer, contrairement au Maroc où j’avais droit à la sempiternelle « un bonbon, un dirham, un stylo » !
Autre occupation, la rencontre rapide avec des concurrents de la « Silk Road Mountain Race », une course cycliste extrême. 1900 kilomètres, 37.000 mètres de dénivelé, le chrono, déclenché le 12 août à minuit, ne s’arrête jamais. La ligne d’arrivée ferme le 28 août. Les gars sont en autonomie complète, ils mangent, boivent et dorment comme et où ils peuvent. Le leader de cette spécialité est un Français, capable de rouler 35 heures d’affilée avant de dormir quelques heures et de repartir pour 35 heures de vélo. Un truc de fou ! Ceux qui me dépassent sur cette route ont déjà deux ou trois jours de retard sur le leader. Ils ont un peu l’air de zombies. Je regarde si je ne vois pas passer mon neveu Stéphane, que je sens bien capable de se lancer un jour dans un tel défi…
Voilà, pas grand chose d’autre à raconter sur cette journée un peu purge. J’arrive à Naryn vers 15 h. C’est une ville d’environ 50.000 habitants qui abrite une grosse antenne de l’université d’Asie Centrale. A part cela, elle ressemble aux autres villes du pays, toute allongée le long de la route et dépourvue de centre. Quelques bâtiments administratifs émergent de la médiocrité des habitations et plusieurs parcs publics bien aménagés permettent aux habitants de prendre le frais le soir. Naryn est en effet réputée pour ses températures extrêmes, l’été comme l’hiver.
A mon arrivée, je cherche un hôtel. Comme ils sont tous regroupés à un bout de la ville, je dois tout traverser pour dégotter une petite pension de famille, où je me loge pour 8€, petit- déjeuner inclus ! La douche est un bonheur absolu et la lessive une absolue nécessité.
Après avoir profité de la connexion pour mettre à jour mon blog, j’étudie le profil de mes prochaines étapes prévues. Il y a encore des difficultés au programme, mais rien d’insurmontable. Normalement, je devrais atteindre Osh le 29 ou le 30 comme prévu.
Vers 18h je repars faire un tour en ville, notamment au marché, encore animé à cette heure. Puis je m’installe en terrasse pour dîner. La carte des plats me pose toujours autant de questions. Je choisis un peu au pif (normal, à Naryn) et on me sert… une pizza ! Accompagnée d’une bière, cela fera très local.
De retour à l’hôtel, je discute longuement avec un couple de Français qui voyagent depuis février dernier et envisagent de rentrer chez eux en mai prochain ! Ils ont passé plusieurs mois au Népal, puis en Inde, en travaillant de temps en temps comme volontaires dans des organisations humanitaires. Dans les prochains jours, ils montent à Song-Kul pour travailler quelques semaines dans un camp de yourtes. Drôle de vie, beaux projets.







Comme l’actualité du jour est un peu maigrichonne, je vous prose un petit florilège de mosquées photographiées depuis mon arrivée.









Merci beaucoup de nous faire voyager avec vous , de vous lire chaque jour (quand la connexion le permet) est source de découverte et un bon moment de rire aussi: fameux le jeu de mots sur Naryn!
Bonne continuation à vous
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