Une pensée pour Philippe qui aurait eu 75 ans aujourd’hui si un vilain crabe ne l’avait emporté trop tôt.
Qu’il est doux de démarrer une journée sans avoir à rouler le duvet, plier la tente, et bourrer les sacoches ! Et même pas de petit déjeuner à préparer puisque je vais le prendre au camp Bel-Tam. C’est un buffet complet, avec du salé et du sucré, dont beaucoup de légumes et de fruits.
A CBT, une petite désillusion m’attend, la visite de l’après-midi est annulée, faute de participants. Quant à celle de ce matin, ce sera en solo car aucun autre touriste ne s’est manifesté. Du coup c’est plus cher que prévu mais tant pis, je suis venu pour ça.
Ça, c’est une démonstration de chasse à l’aigle, une grande tradition kirghize. Dans la famille de Nurbek, qui me présente son activité, c’était une tradition jusqu’à son arrière-grand-père. Puis deux générations l’ont délaissée. Et voilà qu’il a renoué avec cette histoire familiale.
A deux reprises, il est monté dans les hautes vallées au printemps pour dénicher des aiglons. Il les prend à l’âge de un mois, et uniquement des femelles qui sont de meilleures chasseuses, munies de serres plus puissantes que les mâles. Dès l’âge de trois mois, un aigle sait voler; l’entraînement peut alors commencer. Le dresseur habitue l’animal à plonger sur une peau de bête qu’il traine derrière lui. Quand l’aigle attrape la toison, il est récompensé par de la nourriture. Pas de peau, pas de viande. Au fil du temps, il allonge la distance, sachant qu’un aigle peut repérer une proie à un kilomètre. L’entraînement est quotidien, c’est pourquoi il ne possède pas plus de deux rapaces en même temps.
L’année qui suit, l’aigle est prêt à chasser. Ses proies sont les lapins, les marmottes, les renards et les loups. Mais le chasseur ne lui enlève son capuchon aveuglant que quand il a lui-même repéré une proie. Sinon, le rapace attaquerait tout ce qui bouge, chiens et moutons inclus. Cette chasse ne se pratique qu’à l’automne et en hiver, afin de préserver la reproduction des espèces durant la belle saison.
Nurbek me fait plusieurs types de démonstrations, attaque d’une peau, retour sur le bras et, pour finir, capture d’un lapin. La pauvre bête finit étouffée entre les serres de l’aigle qui tue ses proies de cette façon. C’est triste, mais je me dis que des millions de lapins sont abattus chaque année sur les chaînes de LDC, à un kilomètre de chez moi…
Les deux rapaces de Nurbek ont respectivement un an et cinq ans. Il est aisé de connaître leur âge, grâce aux 20% de plumes qui se renouvellent chaque année et qui sont de plus en plus sombres. A dix ans, un aigle est tout noir.
Dix ans, c’est justement l’âge auquel lui est rendue sa liberté. Un crève-coeur pour le maître, une nécessité pour l’animal qui va pouvoir vivre en liberté et se reproduire pendant environ cinq ans encore.
Au retour de ce voyage dans le temps, je replonge dans le présent avec un passage chez « Globus », une grande surface où je complète mes petites réserves, notamment avec deux soupes lyophilisées pour les jours de disette. Puis je m’en retourne au camp, un peu perplexe sur la suite de la journée. Sans la visite de l’après-midi, le maintien sur place pour une deuxième nuit ne se justifie plus. D’un autre côté, l’endroit est agréable et rien ne me bouscule. Il me reste trois semaines pour poursuivre le tour du pays, avant de rentrer en Ouzbékistan, au plus tard le 3 septembre. Je choisis donc de rester sur place et, justement, d’affiner la suite de mon parcours. Revenir ici m’a vraiment fait effectuer une sacrée marche arrière car mon prochain objectif, le lac Song -Kul, était à portée de roue avant-hier et je m’en suis éloigné. Je vais devoir revenir sur mes pas, mais au moins je n’aurai pas de regrets. Pour parodier Jacques Brel, t’as voulu voir Bokonbaevo, t’as vu Bokonbaevo. N’empêche que je vaIs essayer d’avoir un parcours un peu plus logique et linéaire pour la suite.
Je fais aussi un bon nettoyage de sacoches, crottées de boue, je lis, je rédige le blog, je me baigne et je glande. Je relis et je m’assoupis, je rerelis et je viens à bout des 879 pages du Pendule de Foucault. Le pavé va rester ici, à Bokonbaevo, libérant une jolie place dans ma sacoche « nuit ». Je le laisse à la disposition d’un éventuel touriste français qui aura un peu de place dans sa valise.
Curieusement, j’éprouve des scrupules à ne pas avancer, mais c’est bon aussi de ne rien faire quand rien ne s’agite autour de soi…
Une petite bière en soirée et un dîner très international, avec des Anglais, des Canadiens et des Allemands. Échange d’impressions, de tuyaux, de bons plans, la discussion va bon train. Je me couche tôt car je veux bien avancer demain.










Coucou pour moi je pense que c’est la personne noire.
Barbara de Dives
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je propose le chauve rouquin! et tu as fiere allure avec ton aigle sur le bras!
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Belle étape Ton-ton !
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Tu paraphrases Brel, j’en ferais de même avec La Fontaine… « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point… » donc tout est bien et on suit toujours avec plaisir !!! Pour l’anglais, je cale… par contre, ça à l’air de peser lourd un aigle ! Content de savoir qu’il pourra recouvrir la liberté . @+
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Bonsoir cousin,
Je viens d’être avertie de ton périple que je vais suivre avec intérêt ;
Je te souhaite bon courage pour ce merveilleux voyage ;
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Grosse pensée pour Philippe en effet ❤️
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Je suis tentée par celui qui a un coup de soleil sur le nez mais je sens le piège. J’opte pour celui du fond en t shirt gris 😜. Bisous
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Pour moi, c’est celui qui a un coup de soleil sur le nez mais c’est peut être le même !!
Sympa cette tablée 😀😘😘
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Cela doit être celui qui porte le kilt 🤣… Que du bonheur cette journée « glandouille »… Et surtout pas de scrupules, c’est une évidence, tu avances, tu avances 🤣… 😘😘😘
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Une belle journée ! Et je dirais Monsieir chemise à carreaux avec sa tête de 1er de la classe 🤓
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