Coucou, me revoilou ! Désolé de vous avoir ainsi abandonnés plusieurs jours. Quand j’ai voulu vous informer que j’allais entrer en zone blanche, j’y étais déjà ! Mais rassurez-vous, j’ai soigneusement rédigé chaque soir mon carnet de bord. Voici donc les derniers développements de mon périple. Bonne lecture.
Quand je dors dans un parc public en ville, j’aime bien décaniller de bonne heure. Ce sera le cas aujourd’hui, puisque à 6h il n’y a plus aucune trace de mon bivouac. Et le lieu est plus propre que la veille. Je m’installe petit-déjeuner sur un banc, face à une grande fontaine publique. Le soleil vient réchauffer mes vieux os et surtout recharger ma batterie.
Il me reste une curiosité de Karakol à découvrir, la mosquée chinoise. Allah seul sait pourquoi, au début du xxème siècle, les musulmans de la ville ont fait appel aux services d’un architecte chinois pour construire leur nouvelle mosquée. Celui-ci s’est exécuté en respectant les règles islamiques, mais à sa manière. Le résultat est un hybride entre temple bouddhiste et mosquée. C’est coloré, plein de charme et sans doute unique au monde. S’il n’y avait le minaret en bois bleu planté à côté du bâtiment, rien n’indiquerait de l’extérieur qu’il s’agit d’une mosquée. L’intérieur est aménagé selon le rite islamique, mais la décoration est très chinoise. Étonnant mélange ! Plus étonnant encore, ce bâtiment tout en bois tient debout sans une vis ni un clou ! (qualité attribuée hier par erreur à l’église orthodoxe. Mea culpa). Toute la subtilité tient dans l’assemblage des pièces de bois, une technique héritée d’une longue tradition en Chine. D’ailleurs, l’architecte fut condamné pour avoir livré les secrets de ses techniques à des musulmans. Dernière caractéristique étonnante, la mosquée est antisismique, grâce à des fondations flottantes.
En arrivant, j’ai la bonne surprise de trouver le lieu ouvert. J’en fais d’abord le tour. Revenu devant, je tombe sur l’imam et lui demande si je peux entrer. « Muslim ? » me demande-t-il. Devant ma réponse négative, il écarte les bras en signe d’impuissance et m’invite à rester à l’extérieur pour bien observer les détails de la construction. Et puis il me demande d’où je viens. « Francia ? »; alors un large sourire éclaire son visage, il me serre à nouveau la main chaleureusement. Le mot « France » a exactement le même effet que sur le gardien d’aérodrome de St Pétersbourg. Il m’ouvre la porte en grand, j’enlève mes chaussures et je pénètre à l’intérieur. Décidément, notre pays bénéficie d’un indéniable capital sympathie à l’étranger.
Le Tourist Info Center étant toujours fermé, je décide de me passer de leurs services. De toute façon, j’ai bien réfléchi et élaboré un nouveau plan. Plutôt que de m’acharner à faire des boucles qui présenteront toujours un passage impossible, je vais procéder par incursions, quitte à redescendre par le même chemin. Mon premier choix se porte sur le col de Barskoon, avec une éventuelle prolongation vers la mine d’or de Kumtor. Cela suppose que je redescende d’abord sur la rive sud de l’Issyk Kul, comme je l’avais prévu.
Je quitte Karakol, non sans une pointe de jalousie envers les randonneurs que je vois monter dans les minibus avec leurs sacs à dos et leurs chaussures de marche. Je crois que le couplage transports en commun et randonnée est le meilleur moyen de visiter ce pays.
Après un début compliqué sur une route très dégradée et avec une circulation intense, la situation s’améliore au fil des kilomètres. Bien que totalement rectiligne sur 70 kilomètres, la route, bordée de grands arbres, n’est pas désagréable. Curieusement, je constaterai à mon arrivée que je n’ai rencontré aucun contrôle de police sur tout le trajet. Mais j’aurai bien d’autres distractions : une fabrique artisanale de briques de pisé, une inauguration officielle, un marché, un prêche de l’imam (on est vendredi, les mosquées sont plus fréquentées), un monument, quatre cyclo-voyageurs, un gamin qui roule à côté de moi, d’autres qui me hèlent en lançant de joyeux « Hello » !, et puis les petites emplettes alimentaires, tout cela me distrait et entrecoupe mes sessions de pédalage.
Je me donne pour objectif d’effectuer au moins 50 kilomètres avant de m’arrêter déjeuner. Mais comme je me sens bien, et que le lac approche, je pousse jusqu’à trouver une plage accueillante. Ce sera vers le kilomètre 70. Colibri couché dans le sable, j’enfile le maillot de bain et je me jette dans l’eau toujours aussi agréable du « lac chaud ». Située hors agglomération, la plage est quasi déserte. J’y passe une bonne heure et demie avec trois bains et un gros pique-nique à la clé.
Il me reste une quinzaine de kilomètres jusqu’à Barskoon, et je suis étonné par le grand nombre de semi-remorques stationnés à la queuleuleu sur le bord de la route, portes arrières grand ouvertes. A force d’observer, je comprends qu’ils attendent les chargements d’abricots, fruit de la cueillette du jour chez les nombreux petits producteurs. Une balance, un registre et on embarque les cageots. Tout cela se fait en famille, les enfants mettant la main à la pâte.
J’atteins Barskoon vers 17 h, sous un ciel qui s’est sérieusement assombri. Je fais quelques achats alimentaires en prévision de demain car les épiceries vont se faire rares. En consultant le GPS, je m’aperçois que j’ai fait une erreur ; je n’aurais pas dû passer par le village de Barskoon. La route qui mène au col part d’un peu plus loin. Cela m’a échappé car je limite au maximum mes consultation d’itinéraires pour économiser l’énergie. Et puis, pour moi, il était évident qu’il fallait passer à Barskoon pour aller au col du même nom. Mais non. Heureusement, une petite route relie le village à la « grande route ». Je n’ai donc pas fait 3 kilomètres de montée pour rien.
Pour bivouaquer, j’ai envie de sortir du village. J’entame donc la fameuse route de liaison, mais tous les champs sont soigneusement clôturés et il est impossible d’y accéder. J’avance de plusieurs kilomètres avant de trouver un terrain favorable, juste à l’entrée d’une ferme qui semble vide. J’ai beau appeler, personne ne se manifeste. Je m’installe donc sur un bout de terrain plat, face à la montagne et avec vue lointaine sur le lac. Conséquence de cette avancée imprévue, je suis hors zone de couverture réseau. Ce qui veut dire pas de blog en ligne ce soir et impossibilité de consulter mon appli vélo pour connaître le profil du col. Je vais donc partir dans l’inconnu. Tout ce que je sais est qu’il est situé à 3890 mètres et il doit faire une trentaine de kilomètres pour un dénivelé de 2000 mètres environ. Ça va bien m’occuper ma journée ! D’autant que, contrairement à ce que j’espérais, la voie n’est pas asphaltée. C’est de la bonne piste, mais de la piste quand même.












Ouf! Tout va bien . Merci pour vos récits qui font voyager. Bonne continuation. Un ancien MNS de Rouen.
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Bonjour Monsieur Coconnier,
Suite à un article de presse,mon épouse et moi sommes ravis de vous suivre dans ce périple .Et pourquoi nous allez vous penser ?
Voilà,nous avons un fils ,qui semble t-il ,vous à connu ( ainsi que nous mêmes ) à la piscine de Besse sur Braye ( piscine bateau ) ,de quoi faire appel à vos souvenirs de jeune maître nageur.Peut-etre ,nous faisons erreur ,aussi pouvez vous nous confirmer cette présence à Besse dans ces années là.
Dans les mois qui viennent avez vous l’intention d’organiser une retrospective de ce périple .Nous serions intéressés d’y participer..Encore bravo à vous et très bonne continuation .
Ginette et Michel Sallier ( Clermont-Creans )
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Bonjour. Merci pour votre message. Je vous confirme avoir exercé comme maître-nageur à Bessé au tout début des années 80. Que des bons souvenirs.
Avec la ville de Sablé, il est prévu une rétrospective mais la date n’est pas encore fixée. Peut-être fin octobre. Cordialement.
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Bonsoir
Merci à vous et à bientôt fin Octobre
à Sablé-sur-Sarthe si nous sommes disponibles.
Cordialement
Ginette et Michel S.
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Coucou Pascal
Ça fait plaisir de te retrouver , c’est vrai qu’on trouvait le temps long, que veux tu le feuilleton avait un trou. Bon courage pour la première grosse ascension.
Courage Odile et Claude
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Heureux de te retrouver en ligne. Sans doute ne suis-je pas le seul! J’ai hâte d’avoir les échos de ta première grosse ascension!!!!
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