Au vu des prévisions, j’ai monté la tente. Et heureusement ! Un orage a éclaté au milieu de la nuit, accompagné d’une bonne averse. Au matin, la tente est bien mouillée mais le reste du matériel n’a pas pris l’eau.
Mon petit déjeuner est très spartiate, un peu de pain trempé dans le café, servi directement dans la gamelle. En effet, je m’aperçois que je n’ai pris ni tasse ni gobelet ! Dans le genre « incident de cuisine », à signaler aussi que les deux œufs que j’avais gardés crus pour hier soir, avaient choisi de se transformer en omelette sans attendre l’heure du dîner. Heureusement, la boîte est bien étanche.
Je profite des premiers rayons du soleil levant pour tenter de charger mon téléphone. En une heure, je passe de 48 à 62%. C’est encourageant.
Le premier rangement de bivouac est laborieux, faute d’habitude. Le gardien de la tour passe me faire un petit coucou. Il vide les poubelles, sans doute pour en déverser le contenu dans le trou qui est à quelques mètres de mon bivouac… Avant de partir, je repasse voir le minaret et lire quelques explications qui m’avaient échappé.
Le long des petites routes que j’emprunte au début, les agriculteurs s’affairent. Cette vallée de la Chuy est l’un des deux greniers du pays. L’autre est la vallée de Ferghana, au sud-ouest. Ce matin, la cueillette des fraises bat son plein. Je demande l’autorisation de photographier les femmes au travail, mais certaines sont réticentes; je n’insiste pas. Le patron, tranquillement assis à l’ombre, compte les seaux rapportés par les cueilleuses. En France il connaît Paris et … Toulouse !
À Tokmok je refais quelques emplettes, avec un gag : comme je n’ai pas assez d’argent sur moi, je fais signe à la caissière d’attendre une minute. Mais quand je reviens tous mes produits ont été remis en rayon. Je fais donc mes courses une deuxième fois.
Une grosse averse orageuse m’oblige à m’abriter sous un abribus avant de prendre la grande route vers l’est, direction Kemin. Si le soleil revient, le vent se lève aussi; il est de face, évidemment et ne cesse de se renforcer. Tant et si bien que le 30 kilomètres jusqu’à Kemin seront très pénibles sur cette nationale très fréquentée et toute droite. Elle compte environ quatre files, ce qui permet de rouler à cinq de front, vu qu’on double aussi bien par la droite que par la gauche…
A Kemin, je m’arrête boire un thé (un tchai) et j’en profite pour recharger ma batterie. La ville fait vraiment penser à un caravansérail des temps modernes; des étals, des échoppes et des boutiques sont alignés de chaque côté de la route, avec notamment plusieurs garages. Comme les chameaux autrefois, les camions ont besoin de se refaire une santé. Cela donne l’impression que le lieu est un arrêt obligé sur une longue route et que tout le monde s’y croise.
A partir de Kemin, la route descend un peu et s’oriente vers le sud, ce qui rend le vent d’est moins gênant. Les carrefours sont rares, mais remarquables ; chaque intersection est un lieu de vie et d’activité : on y vend des pastèques, du pain, des fruits ou encore des épis de maïs bouillis; des voyageurs guettent l’arrivée de leur marshrutka, les minibus très populaires ici, d’autres lèvent le pouce ( l’autostop est une institution pratiquée par tous, surtout les femmes), d’autres enfin regardent simplement toute cette agitation.
A 17h, je quitte enfin cette grande route et oblique vers la gauche pour m’engager dans la vallée de Chon-Kemin. C’était mon objectif du jour. Reste à trouver un endroit pour me poser. A gauche la falaise, à droite la rivière; pas très engageant. D’autant que l’orage menace de nouveau et je ne veux pas me mettre trop près du torrent qui pourrait gonfler brutalement. Alors, je m’enfonce un peu plus dans la vallée. Affamé, je fais une pause déjeuner /goûter/dîner alors que la pluie reprend. Le pot de miel acheté ce matin s’est ouvert et ça colle dans la sacoche « repas »… Constatant l’absence totale de réseau, je décide de pousser jusqu’au village de Chon-Kemin.
A mon arrivée je suis accueilli par une bande de gamins qui viennent me serrer la main très cérémonieusement. Les « hello » fusent, mais le dialogue s’arrête là. Jusqu’à ce qu’on trouve la langue commune à tous les garçons du monde : le football. Me voilà entraîné dans une partie endiablée où je joue le rôle du taureau dans l’arène : à tour de rôle ils s’amusent à me dribbler et se font des passes sans que je touche beaucoup le ballon. Ma capacité à courir après la balle s’émousse rapidement, mais je fais durer le plaisir aussi longtemps que je le peux. Ils sont morts de rire et ça me plait bien ! Je leur explique que je veux dormir ici et demande à m’installer sur un terre-plein devant un grand bâtiment à colonnades désormais occupé par les poules. A leur tour, des adultes viennent me voir et tous valident mon installation.
Avec quatre assistants pour planter les piquets, le montage de la tente sera une simple formalité. Et tous de me serrer à nouveau la main en me disant good-bye. Toute la soirée, assis sur les marches du palais-poulailler, je verrai défiler les habitants qui viennent me saluer chaleureusement. A la nuit tombée, vers 21h, je fais une petite toilette et je me glisse dans le duvet.
Mes amis, ne vous étonnez pas si vous n’avez pas de nouvelles demain et lundi. Je m’enfonce dans la vallée et les réseaux se font rares. Mais rassurez-vous, j’écrirai tous les soirs quand même et vous aurez double dose dès que la connexion sera rétablie !








Quel plaisir de te retrouver Pascal, tjrs en forme, souriant, rasé, avec des commentaires plus que pertinents !
Du coup à te lire nos vacances ardéchoises semblent bien « planplan »….
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Bonjour Pascal,
Ça y est, j’ai tout lu !
Merci beaucoup pour le récit de tout ce périple. Les photos, les anecdotes, les points culturels et les minutes gastronomiques sont un pur bonheur.
Je vais attendre patiemment la suite.
Magali
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Bonsoir Pascal,
C’est bien agréable de suivre le feuilleton de tes aventures au quotidien sans efforts, assise sur le canapé.
On sent que tu as ‘la patate’ et une grosse envie d’en découdre avec les nombreux défis qui t’attendent.
La vue du col que tu as franchi est très prometteuse pour la suite.
Bonne continuation
Martine
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Hello Pascal ! Ravie de te lire…
Va falloir que je consulte une carte de la région… Suis un peu perdue 😀.
Quand je pense que notre périple en Corse en R5 l’année de votre mariage, me semblait déjà une aventure…
Là, tu m’épates 👍👍👍
Bises, bonne route !
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La Corse en R5, c’était aussi une sacrée aventure !
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C’est vrai… C’était sympa (nostalgie…)
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Salut Pascal c tout à fait par hasard sur je viens de tomber sur ton blog je vous sur tu est resté le roi de la pédale n y voit rien d offensant allez courage un supporter marseillais olivier du cg
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Merci Olive. Bises à Caro.
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C’est un rendez-vous quotidien incontournable que de lire ton récit de voyage alors comment allons-nous faire en attendant ? Bonne route pour ces jours et à bientôt !
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Mauvaise nouvelle les verts ont perdu à Dijon, chaud en France 31 à Sablé hier, nous suivons ton périple avec passion bonne route, j espère que mes commentaires te parviennent bien compte tenu de mes compétences limitées en internet mais je lis parfaitement tes superbes résumés à bientôt
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Hello! Faute de photos comme tu voulais j’espère que tu as eu des fraises… j’ai l’impression que l’orage c’est pas juste une formalité d’usage…
Molo sur le foot, c’est pas le moment de faire un claquage…tiens-toi en au vélo!
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Chaque jour c est un réel plaisir de suivre ce feuilleton !
Bonne aventure
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Tu leur as dit que tu étais pour les verts 🤣 ??? Bon pédalage dans la vallée… Et on attend avec impatience la double dose 😍… Bisous, cousin…
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