Jeudi 28 juillet

Nuit torride ! Impossible de dormir avec cette chaleur. A minuit je zappe sur les 143 chaînes TV. A 1h je prends une douche et à 2 h je lis Umberto Eco. Et ces fichus chiens qui n’arrêtent pas d’aboyer !

Au petit déjeuner je retrouve Slava qui délaisse la pastèque au profit d’une copieuse omelette garnie. Il est guide pour des groupes russes qui viennent faire du trek au Kirghizistan. Il a une arrière-arrière-arrière grand-mère française. On parle d’histoire et j’ose lui poser la question sur la situation en Ukraine. Il défend pleinement la position de son président, estimant que les Russes qui habitent le Donbass sont oppressés par le pouvoir ukrainien. Et c’est un garçon instruit, qui réfléchit et qui a de la famille au Donbass. Pour lui, les habitants veulent juste leur indépendance. Au-delà, il replace le conflit dans un contexte international dans lequel les Américains sont les méchants qui veulent étendre leur zone d’influence économique et militaire. Les Russes ne font que se protéger… Bon, on se quitte bons amis quand même.

Pour le reste, je passe ma matinée à faire pas grand chose, juste peaufiner la préparation de mon matériel et le rangement dans les sacoches. Bref, je bouine , comme diraient mes filles. Je décide au passage d’abandonner mon énorme sac « style Tati » acheté à Moscou. Très pratique pour transporte mes sacoches mais vraiment trop encombrant. J’en trouverai un autre à Tashkent.

Je fais aussi quelques provisions, des fruits et des œufs que je fais durcir (les œufs, pas les fruits), ainsi que quelques gâteaux. J’achète notamment des abricots qui s’avèrent être de délicieux petits brugnons de vigne. Je repasserai faire le plein demain matin ; à 1€ le kilo, pourquoi se priver ?

A 14h pile, je me présente chez Gerger Sport. Colibri est prêt et je suis heureux de l’enfourcher de nouveau. Après un rapide passage à l’hôtel pour re-re-prendre une douche (il fait moins chaud mais très orageux), je file en direction du centre-ville. Je découvre le magnifique Erkindik Bul’var, large avenue dédoublée au milieu de laquelle des allées piétonnes ombragées ont été dessinées. Encore un havre de paix au milieu du tumulte de la circulation. Ensuite, je repasse faire un coucou à l’ami Lénine, dont la statue a certes été enlevée de la place centrale mais réinstallée tout près de là, à côté du musée.

Ce musée historique, récemment réouvert après une longue restauration, abrite sur 3 niveaux un condensé de l’histoire et de la culture du Kirghizistan.

Dans mon quart d’heure culturel du jour je me contenterai de vous parler de Bichkek. Au 11ème siècle, la région est dominée par le khanat de Kokand (aujourd’hui en Ouzbékistan). Une forteresse est construite sur le lieu-dit Pichkek pour se protéger des invasions venues du nord. Et rien ne se passera jusqu’en 1825, où une nouvelle garnison est installée, attirant des habitants de tous les environs. La ville se développe alors sur un plan très militaire, quadrillé de routes nord-sud et d’autres est-Ouest. Pas de courbes, pas de fantaisie. En 1862, les Russes envahissent le khanat et c’est alors que Pichkek devient une ville. En 1926, rebaptisée Frounze du nom d’un général russe, elle devient la capitale de la république socialiste soviétique de Kirghizie. Ce n’est qu’en 1991, date de l’indépendance, qu’elle (re)-devient Bishkek. Une de ses particularités est la composition très éclectique de sa population (environ 1 million d’habitants) : Kirghizes, Ouzbeks, Russes, Ukrainiens, Tajiks, Tatars s’y mélangent. Cela donne une population très bigarrée, certes majoritairement de type asiatique, mais avec aussi des types très européens. Quant aux tenues vestimentaires, elles vont, pour les femmes, du voile intégral à la mini-jupe ; avec un net avantage à cette dernière, heureusement !

Sorti du musée, je vais sous les arcades en face pour déguster mes premiers samsas, triangles feuilletés garnis de viande hachée. Un régal. Et je me rentre gentiment à l’hôtel avant la tombée de la nuit car je n’ai plus de lumière !

Après la petite lessive quotidienne, je rassemble le maximum d’affaires et je ferme les sacoches dont je n’aurai plus besoin. J’ai hâte de me lancer enfin sur les routes du pays et d’atteindre des contrées plus fraîches et moins turbulentes.

Lénine et l’étoile russe restent en bonne place.
Quelques exemples de tapis kirghizes.
Le pays regorge de statues de pierre.
Le fondateur de la ville avance d’un pas décidé !
Erkindik Bul’var, un havre de fraîcheur.
Mon premier samsa.

7 réflexions sur “Jeudi 28 juillet

  1. Coucou Pascal, décidément tu me feras toujours sourire dans tes écrits. C’est vraiment bien de pouvoir écrire ainsi quotidiennement lors de pareils périples et quelque soient tes aventures et mésaventures. Je dis chapeau! Que cette route soit belle et douce…

    J’aime

  2. Ouf! Ton aventure peut reprendre….bon vent et merci pour tout ce que tu partages avec nous. Tes moments de stress nous font stresser…..c’est dire….

    J’aime

  3. Allez pap’s stop à la bouine, place à l’action ! Bon courage pour la suite et le vrai début de l’aventure. On te suit déjà avec assiduité depuis nos contrées ! Oscar était impatient se connaître le contenu du 3eme fût coloré. Bisous

    J’aime

Laissez un commentaire, cela me fera plaisir.