
En me levant ce matin, j’imaginais passer une vraie journée de touriste à Bishkek. Hélas les sites visités n’ont pas été ceux que j’avais mis à mon programme.
Tout commence dès mon départ avec un bruit bizarre dans la roue avant. Et puis la sensation de rouler avec les freins serrés. Pensant juste à un frottement intempestif, je m’arrête pour examiner le frein, le garde-boue, mais rien de suspect. Comme le frottement et le bruit s’accentuent, je m’arrête chez « Nana Sport ». Le technicien démonte le frein à disque, mais le problème persiste. Visiblement c’est le moyeu qui est endommagé. Il ne peut rien faire et me conseille d’aller chez « Velolove ». Là, pas de chance, le technicien est en pause déjeuner et ne revient qu’à 14h.
Plutôt que de glander deux heures, je choisis d’aller effectuer quand même quelques visites. Je vois ainsi quelques monuments du centre qui m’avaient échappé jusque-là. Et surtout, je visite deux mosquées. La première, dite mosquée centrale, est décevante, petite, un peu décrépie et peu décorée.
En revanche, la grande mosquée est spectaculaire. Inaugurée en 2018, elle est la plus vaste d’Asie centrale : elle peut accueillir 9000 personnes à l’intérieur et 30000 en tout. Financée par la Turquie, elle reprend le modèle ottoman, avec ses quatre minarets et ses nombreuses coupoles. L’intérieur est richement décoré, avec une dominante de bleu et un lustre central colossal. Quelques fidèles prient ici et là, d’autres consultent leurs portables, d’autres enfin dorment tout simplement dans un coin, parfois en ronflant fort.
Avec ma roue avant quasi-bloquée, et sous les 39 degrés orageux, je mets près d’une heure à retourner à Velolove. Terrassé par la soif et à court d’eau, je m’arrête à un des innombrables stands qui proposent trois boissons dans des fûts réfrigérés de couleur : marron, bleu et rouge. J’ai testé le marron hier, du kvas, une boisson pétillante issue de la fermentation de pain et de blé, déjà bue en Russie. Alors aujourd’hui je tente le bleu. Oups ! C’est du lait fermenté, peut-être une version urbaine du fameux Kumis, fabriqué à base de lait de jument. En tous cas, ce n’est pas très bon et surtout pas rafraîchissant du tout !
Tout cela pour m’entendre dire en arrivant chez Velolove (ou plutôt écrire sur Google Traduction) qu’on ne peut rien pour moi, ce type de pièce étant introuvable à Bishkek. Fin de la conversation, le gars part s’acheter des glaces au coin de la rue !
Le moral au plus bas, je m’achète de l’eau et des fruits à l’épicerie voisine. Assis sur les marches de la boutique, je dois vraiment avoir l’air désespéré car une dame me demande : « Tourist ? Can help you ? ». Les larmes aux yeux je lui explique la situation. Du coup elle retourne à Velolove qui confirme son incapacité à me dépanner. Mais son gendre, présent à ses côtés, m’indique une autre adresse pas très éloignée. Heureux hasard, c’est la boutique où j’ai trouvé le gaz hier. Décidément, mes sauveurs ! Je m’y rend cahin-caha, le garde-boue sur le porte-bagages pour limiter les frottements. J’ai d’abord la même réponse : le moyeu est cassé et on n’en trouve pas à Bishkek. Je comprends alors que le problème vient du modèle de moyeu, avec une dynamo intégrée, un modèle assez sophistiqué. J’explique alors (par l’intermédiaire de la vendeuse qui parle anglais) que je suis prêt à sacrifier la dynamo et qu’un simple moyeu fera l’affaire. Sur ce, le technicien compte les rayons de ma roue et me propose deux modèles de moyeux ! Je choisis celui sans roulement, a priori plus fiable. Ouf ! Me voilà sauvé, certes privé d’un moyen de production d’électricité mais en mesure de voyager. J’avoue avoir broyé du noir pendant quelques heures en voyant s’envoler mes beaux rêves de voyage. Il me faudra juste être patient car la réparation ne sera prête que demain après-midi. Dès mon retour à l’hôtel, à pied, bien sûr, je réserve une nuit supplémentaire et je m’apprête à passer la soirée sur place. Sans moyen de locomotion et avec l’orage qui approche, je ne vais pas retourner au centre-ville. Ce sera tour du quartier (sans intérêt) avec achats à l’épicerie du coin (tomates, pain, abricots, fromage (?), yaourt et une bière que j’estime avoir bien méritée). De quoi me concocter un petit dîner dans la cuisine commune. A côté de moi, Slava, le Russe de l’hôtel, attaque sa troisième pastèque de la journée. Il m’explique que c’est sa journée détox ! Une fois par semaine, il ne mange que des pastèques…









Bonjour Pascal,
Quelle chance ! Ton colibri est tombé en panne au bon endroit. Imagine la même panne au milieu de ton périple !
Bonne chance pour la suite !
Martine
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« nana sport », je suis désolée de n’avoir rien pu faire pour ton vélo 😁…
Et je suis d’accord avec ma Cousine, évite la boisson bleue, ça risque de mal tourner…
Bisous paps 😘
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Ouf! On est bien content que Colibri soit de nouveau sur roue (bien qu’amputé d’une partie de son anatomie!). Et essaye de ne pas trop souvent choisir la boisson bleue il va t’arriver des bricoles sinon 😬.
Des bisous et bonne route…
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Bravo Pascal, et bonne route!
Anne-Marie et François Hubert
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Ouf ! Qu’est ce qu’on aurait fait de nos billets d’avion ? Bishkek ne nous tente pas trop !
Bisous
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Bonjour Pascal.
Quelle aventure tu nous fais vivre par procuration ! Nous suivons ton voyage avec plaisir et stressons en même temps que toi pour ton vélo ! Ouf tu vas pouvoir repartir !
Merci de nous faire partager ton voyage, tes photos et toute tes belles émotions.
Bonne continuation, nous attendons et restons suspendus à tes prochains récits…
Bises Karine et Antoine
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Ouf nous aurions été déçus 😞
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